Premier roman que je lis de Ludovic Roubaudi, "Le 18" (en collection folio poche non disponible sur ce site) démontre un talent d'écriture certain. "Le 18" appartient au genre "action" qui sait jouer sur le registre sociologique avec amitié, à la manière, pour le policier, de Exbrayat. Ce livre se lit d'une traite et s'il vous faut des pauses, la reprise n'en sera que plus pressante. Vous saurez prendre le temps de lire dans une station de métro au lieu d'en sortir, laisser passer des rames. Jubilatoire.
Ludovic Roubaudi nous dépeint l'univers d'une caserne de pompiers dans le sud parisien au travers du récit d'un appelé du contingent, volontaire, dénommé "Grand". Le machisme propre à la culture de ces militaires d'élite qui savent sacrifier leurs vies pour sauver les nôtres en péril est rudement mis à mal quand le nouveau capitaine est une femme. La féminisation du corps des sapeurs pompiers n'est pas choses naturelle dans les esprits prompts à l'embrasement non contrôlé. Les scènes d'action alimentent le corps du récit lui donnant une véracité haletante. Le tableau du suicidé sous une rame de métro m'a fait rappeler le souvenir d'un bon camarade qui, comme Grand, avait effectué son service national dans le prestigieux Corps des Sapeurs Pompiers de Paris. Ne restait que la tête (qui avait été sectionnée) sur la voie ferrée. L'officier avait alors demandé à mon copain d'aller la chercher, de l'emballer dans un sac plastique. Devant la moue qu'il fit, l'officier lui jeta qu'il n'avait rien à craindre car elle ne le mordrait pas. Humour.
Accrochez-vous aux ridelles, çà swingue.