Comme son pseudo l’indique clairement, Kamelancien est un
old timer, un de ces soldats du micro qui ont usé leurs cordes vocales lors de nuits sans fin, dans des studios mal chauffés ou des salles munies du même confort. Ancien partenaire privilégié de Rohff, il a partagé des morceaux avec Seyfu, IAM, Kery James, Alibi Montana et quelques autres. Auteur d’une paire de street CD et d’autant d’albums, ce deuxième frisson est en fait la réédition augmentée de son album de 2008, augmenté de cinq inédits, et d’une quinzaine de clips et teasers, qui ont permis, à travers le net, à l’artiste du 94 de mener carrière par le biais de la culture virtuelle.
Aujourd’hui qu’il est solidement établi par ce marketing viral intelligemment (et professionnellement) mené, Kamelancien propose cet objet à la vente, plus complet, pour ses fans les plus consommateurs. L’homme est armé d’un flow technique, d’une voix évidemment faite pour le hardcore, et de rimes affûtées. À cela il ajoute des titres calibrés pour les radios, qui finiront bien par se laisser faire
, « T’étais où », avec son complice de Nouvelle Donne Jango Jack, à la production luxuriante, ou le déjà accepté par les grands réseaux
« Quand ils vont partir » avec Zaho. Mais on peut bien sûr préférer les chansons moins diluées au R&B, comme l’abrasif
« Y’a qu’la vérité qui blesse », résumé carré de son discours sur fond d’orgues d’église.
Le Deuxième Frisson de la Vérité est une vitrine recommandable du rap indépendant français d’aujourd’hui : débrouillard, autonome, voire autarcique, mais globalement honnête.
Jean-Eric Perrin - Copyright 2012 Music Story