Voici un ouvrage très instructif qui procure l'agréable avantage de démonter le chapiteau des thèses - slogans simplistes utilisés à longueur d'ondes, journaux et autres media par les libéraux.
Le Français aime travailler. Mince alors pour les tenants de la France à deux vitesses tels que Marseille. L'auteur cite l'étude réalisée par le WVS, réalisée entre mars et avril 1999, sur un échantillon représentatif de 1.000 individus par pays. La France arrive en 30° position sur 80 devant les Etats-Unis pour l'importance du travail et 47° avec les Etats-Unis et le Canada sur la transmission du sens du travail aux enfants.
Les rigidités institutionnelles ne sont pas corrélées au taux de chômage (p.19). Dur argument pour les tenants de l'abaissement des taxes et autres impôts dont la France, qui serait la championne, cultiverait à dessein afin de décourager l'emploi et les entrepreneurs.
Notre grand mal en France, c'est la piètre qualité des relations sociales au sein d'une entreprise. L'auteur démontre qu'un management heureux conditionne le climat social. Un bon climat social est créateur de richesses, d'idées nouvelles etc. comme nous plaisait à le dire Robert Sutton dans
Objectif Zéro-sale-con : Petit guide de survie face aux connards, despotes, enflures, harceleurs, trous du cul et autres personnes nuisibles qui sévissent au travail.
"Les pays où les managers sont satisfaits sont ceux où les travailleurs sont satisfaits et vice et versa" ((p.24).
Intrigante observation sur les syndicats : "les pays où le développement syndical au XIX° siècle a été faible et tardif sont précisément ceux qui souffrent aujourd'hui d'un manque de confiance dans les relations de travail. Réciproquement, les pays où les syndicats se sont implantés rapidement sont ceux qui ont aujourd'hui des relations sociales constructives." (p.33) Exemple : Danemark, Norvège, Finlande, Suède, l'Etat est resté neutre. En Allemagne, Suisse, Hollande et Autriche, l'Etat a favorisé le développement de ces organisations professionnelles. En France, Espagne, Italie et Portugal, l'Etat a refusé de coopérer et s'est longtemps montré hostile.
Les parachutages de l'Etat (pantouflage) favorisent l'esprit de corps "tous contre eux".
Si le capitalisme d'héritier limite le nombre de conflits sociaux, il est pénalisé par le non-renouvellement des élites managériales.
L'auteur préconise - ce qui dans la réalité se passe de plus en plus - la transmission de l'entreprise non pas obligatoirement à l'héritier naturel, mais à l'héritier spirituel. Le bon climat social des PME du capitalisme d'héritier serait ainsi magnifié par la dynamique managériale du gagnant-gagnant.