De prime à bord, je dirai que « Le Cas 39 » est relativement bon et qu'il permet au spectateur de passer un agréable moment de cinéma au sein d'un film qui mêle (à mon avis trop, l'un de ses points faibles) le fantastique et l'épouvante d'une part, la comédie dramatique d'autre part (je fais référence à la scène où Emily est sous le lit, par exemple).
Mais, ayant eu le privilège de regarder « Esther », je ne peux faire la critique du « Cas 39 » qu'en me référant à ce grand du film « d'enfant terrible ».
Aussi surprenant que cela puisse paraître, certaines paroles de Lillith (qui devient d'ailleurs Lilit dans les sous-titres français (et dans les autres également), regardant toujours ce genre de film en version originale, l'ambiance étant encore plus « étrangère ») sont très ressemblantes avec celles d'Esther.
Comparé à « Esther », « Le Cas 39 » est à mon avis juste en-dessous.
L'environnement n'est certes pas le même : alors que dans « Esther », on ressent plus l'ambiance familiale, Esther dans sa famille adoptive, « Le Cas 39 » est plus éparpillé dans l'espace (on va de lieu en lieu sans vraiment se poser quelque part).
Du côté de l'interprétation, beaucoup d'encre pourrait couler. Dans « Esther », nous avions une Isabelle Furhman complètement horrifique dans son rôle d'enfant tueur, sa personnalité et ses actes étaient « crus ». Dans « Le Cas 39 », Beautiful Jodelle (excusez-moi, je ne peux faire autre commentaire sur cette actrice) joue également à merveille son rôle d'enfant démoniaque sous un aspect magnifique, mais le caractère plus fantastique du film rend certains de ses actes « prévisibles », et de ce fait ne surprennent pas forcément, tout comme sa faculté de « dominer » la situation (le repas avec les petits poids et dans la scène finale en voiture, par exemple) qui fait que Lillith « dévoile » sa nature horrifique bien trop rapidement et devient beaucoup moins « discrète » que son « homologue » Esther. Le mal à l'aise qu'entraîne cette dernière est moins perceptible chez Lillith.
Quoi qu'il en soit, tous les acteurs jouent bien leur rôle et la prestation de Renée Zellweger (le rôle principal) est tout à fait honorable dans un film de ce genre.
Là où « Le Cas 39 » dépasse « Esther », c'est dans la musique (bande-sonore d'ailleurs introuvable à ce jour, quel dommage !!). Le spectateur est pris par la musique (notamment celle du début et lors de scènes dans la(les) maison(s), pas le thème du film, plutôt médiocre, du moins pas à mon goût) et elle rajoute considérablement à l'ambiance dramatique du film (car au fond, même si certaines scènes invitent à sourire, ce n'est pas drôle).
Quant aux effets spéciaux (peu nombreux cependant), ceux-ci sont relativement bien réussis et crédibles (notamment les déformations/transformations de visage (oh la magnifique Jodelle, quelle horreur elle devient)). La scène des frelons aurait due par contre être plus « travaillée » pour épouvanter davantage le spectateur, et c'est dommage, car l'idée sortait de l'ordinaire.
Je terminerai par la critique de la fin, qui, comme j'ai pu le constater dans beaucoup de commentaires (pas seulement ici), ne plaît pas toujours car trop rapide et « bâclée ». En effet, à partir de l'incendie de la maison, l'atmosphère du film change et, comme la défunte Volvo d'Emily, change brusquement de trajectoire, un peu comme si un autre réalisateur avait pris le relais du premier.
J'ai revu plusieurs fois la fin (car sinon, c'est comme pour « Silent Hill », on ne comprend pas forcément (du moins çà a été mon cas)) et cette séquence m'a frappé de part sa similitude (dans le fond) avec, encore une fois, « Esther ». En effet, Lillith est comme une « conscience » qui viendrait fouiller dans l'esprit d'Emily pour lui faire avouer ce qu'elle (se) cache (en particulier sa relation mère-fille). A ce propos, et je reviens tout de suite à ce que je disais, on remarquera que Lillith prend la place d'Emily enfant (dans le fond, pas la forme), lorsque, pour la seule fois dans le film, ce « démon » prend peur !! Pour la similitude avec « Esther », je fait référence à la scène du « cadeau » (les roses blanches) et celle où Esther attend Kate dans la chambre de Max pour lui « rappeler des souvenirs ».
Il faut souligner que Lillith ne répond rien (et je me demande ce qu'elle pourrait répondre) lorsque Emily la questionne : « Qu'est ce que tu est ? ». Encore une fois, le réalisateur aurait dû plus travailler cette dernière séquence car il ne fait qu'effleurer le fond du problème que soulève Lillith.
Si l'on compare avec « Esther » ou même « Silent Hill », on a perdu entre 15-20 minutes, qui auraient été nécessaires, je pense, à l'amélioration de la fin du film.
Petite remarque pour finir. Je m'aperçois que certaines personnes sont déçues (et çà peut se comprendre) du fait qu'elle ne savent pas pourquoi Lillith est (ou est devenue) un démon. En effet, ce n'est jamais dit, mais le « père » de Lillith déclare cependant qu'elle était déjà çà en naissant (avec les évènements qui se sont déroulés à cette période). Il faut voir ici le « fantastique » du film, dont on ne bénéficie pas dans « Esther », et qui joue tout son rôle (comme dans l'histoire de « Silent Hill »). A ce propos, il faut aussi noter que Lillith est un démon, donc est quelqu'un qui n' « existe pas » en réalité, alors qu'Esther est censée être atteinte d'une maladie. C'est mon avis, libre à vous d'y adhérer ou non.
Pour résumer, « Le Cas 39 » s'en sort relativement bien pour un thriller d'épouvante (légère somme toute), malgré quelques faiblesses apparentes dans le déroulement de certaines scènes.
Pour ceux qui n'ont pas été convaincus par « Le Cas 39 » (ou qui émettent des réserves dessus), regardez-le en version originale (avec sous-titres français bien entendu). Vous verrez, c'est plus intéressant, car cela donne au film une ambiance plus « étrangère » et angoissante.
Note finale : 4 sur 5
Merci de m'avoir lu.