Le château blanc d'Orhan Pamuk n'échappe pas à la règle de son oeuvre : dès que vous tournez la dernière page du livre, vous vous dites que vous aurez à le rouvrir un jour.Non parce que l'histoire est si passionnante que vous brûlez de vous y replonger, mais parce qu'au terme de votre lecture, il demeure un mystère, une énigme à déchiffrer.
Mais quel est ce mystère ? Là est le problème... Est-ce un élément de l'intrigue qui vous a échappé ? Est-ce le sens de l'oeuvre qui reste flou ? Est-ce votre propre mystère qui résonne soudain en vous puisque, comme le dit le narrateur, c'est à votre propre histoire que ce récit vous renvoie peut-être ? A votre désir d'être autre ? A la frontière entre rêve et réalité ? Ou ne serait-ce pas, plus insondable encore, le mystère de l'écriture ? Celui qui métamorphose ce(ux) qui nous entour(ent), celui qui nous fait, comme le héros du Château blanc, devenir autre ?
Orhan Pamuk reprend ici ce qui fait le charme et l'envoûtement du Livre noir, ce qui fera celui de Mon nom est Rouge, l'entrelacement des consciences, les échos qui se dessinent entre elles, à l'intérieur de nous. Derrière le dépaysement où nous entraîne cette histoire turque, il y a cette idée, chère au Sultan, qu'au fond les hommes sont tous semblables... Intrigant.