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Ce livre dont la ville est le héros, Cyrtha, grouillante dune humanité vagabonde, Cyrtha la ville labyrinthique, écrouée en elle-même dans ses arabesques touffues, nous offre la vision la plus affranchie de lAlgérie contemporaine. Renvoyant dos à dos lEtat et son opposition islamiste, lun comme lupanar tenu par des maquereaux galonnés, lautre comme attente du pire, cest une population aux abois, une jeunesse désespérée, un pays affolé désormais que lauteur nous dépeint avec un talent inhabituel.
Cest quil se sait lui-même enfermé dans cette nasse où tombe toute tentative décrire lAlgérie daujourdhui. Un piège, incontournable, où jamais lon ne peut se heurter au réel que dans latroce et le barbare. Un piège où, dans cette impossibilité denvisager le monde autrement, lon ne sait échapper à ce réel quen basculant dans la rêverie. Ainsi lexil y est-il le chemin que prend toute parole algérienne, désormais captive de cette guerre barbare, engloutie par la tragédie dans laquelle sest enfoncée lAlgérie.
Salem Bachi refuse pourtant pareil dictature et dédaigne de plier sa langue aux contraintes du moment. Il ne se fait pas le chantre de la perte. Son écriture tour à tour voluptueuse et voyoute, lyrique, épique, emprunte la structure des contes des mille et une nuits pour mieux déjouer et lempreinte morbide du réel et lartifice du songe. Il joue de tous les registres et réussit sans effort à exhumer sous la sublime faconde orientale un texte dune très grande vérité. Un texte qui ne respire ni limpuissance en face de la vie, ni la moindre suffisance littéraire. --Joël Jégouzo
Cest quil se sait lui-même enfermé dans cette nasse où tombe toute tentative décrire lAlgérie daujourdhui. Un piège, incontournable, où jamais lon ne peut se heurter au réel que dans latroce et le barbare. Un piège où, dans cette impossibilité denvisager le monde autrement, lon ne sait échapper à ce réel quen basculant dans la rêverie. Ainsi lexil y est-il le chemin que prend toute parole algérienne, désormais captive de cette guerre barbare, engloutie par la tragédie dans laquelle sest enfoncée lAlgérie.
Salem Bachi refuse pourtant pareil dictature et dédaigne de plier sa langue aux contraintes du moment. Il ne se fait pas le chantre de la perte. Son écriture tour à tour voluptueuse et voyoute, lyrique, épique, emprunte la structure des contes des mille et une nuits pour mieux déjouer et lempreinte morbide du réel et lartifice du songe. Il joue de tous les registres et réussit sans effort à exhumer sous la sublime faconde orientale un texte dune très grande vérité. Un texte qui ne respire ni limpuissance en face de la vie, ni la moindre suffisance littéraire. --Joël Jégouzo
Présentation de l'éditeur
29 juin 1996.
Quatre ans après l'assassinat du président algérien Mohamed Boudiaf, Hocine parcourt les rues de Cyrtha, une ville qui emprunte ses traits à Constantine ou Alger, et, plus loin dans le temps, à Cirta, l'antique, la numide.
De cette errance naît un récit étrange, halluciné, une odyssée ivre qui entremêle lyrisme et grotesque, ombre et lumière.
Quatre ans après l'assassinat du président algérien Mohamed Boudiaf, Hocine parcourt les rues de Cyrtha, une ville qui emprunte ses traits à Constantine ou Alger, et, plus loin dans le temps, à Cirta, l'antique, la numide.
De cette errance naît un récit étrange, halluciné, une odyssée ivre qui entremêle lyrisme et grotesque, ombre et lumière.