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11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un indispensable de la littérature italienne, simplement !,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Christ s'est arrêté à Eboli (Poche)
Anti-fasciste notoire, Carlo Levi est assigné à résidence en 1935 dans un petit village du sud de l`Italie. Romancier et étudiant en médecine, il se met peu à peu à soigner les paysans pauvres de la campagne contre son gré .Ce que ne supportent pas les notables du village. La description de la vie et d'une forme de résignation des habitants de la Lucanie des années fascistes par rapport à leur condition humaine et au Pouvoir lointain de Rome est bouleversante. La galerie de portraits est savoureuse. A lire ou à relire au plus vite ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
En Italie dans les années trente,
Par bookinette "bookinette" (Paris France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Christ s'est arrêté à Eboli (Poche)
Carlo Levi relate son séjour dun an à Gabliano, où le gouvernement du Duce la exilé en résidence surveillée. Ainsi que lexpliquent les habitants de ce petit village italien écrasé par la misère et désespéré, Dieu nest jamais arrivé jusquà eux : le Christ sest arrêté à Eboli.Dans cette région, le médecin ne sait pas soigner et linstituteur nenseigne rien. Ces emplois ne sont que des moyens pour les notables locaux dextorquer de largent aux paysans. Pas de violence forte ni daction intense dans ce livre, qui se compose de séquences accablantes et variées. Chaque évènement du village montre un peu plus la fatalité et lindigence dans lesquelles vit la population. En même temps, ça grouille de vie et lauteur retranscrit très bien la complexité des personnages quil a fréquentés. Grâce à cela, malgré laspect un peu descriptif de louvrage il ne sy trouve aucune longueur. Jy ai découvert une culture très éloignée de la notre, bien quelle ait existé il y a peu de temps et dans un pays proche de la France. On sort de cette oeuvre choqué, par la dureté de lexistence dans cette contré et labsurdité des règles qui la régissent. Mais, peut-être par ce que le monde dépeint dans cet ouvrage a disparu, on quitte ce village à regret tant le livre est bien écrit. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Un pays,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Christ s'est arrêté à Eboli (Poche)
La Lucanie est un pays de grisaille. Dans ce coin de misère du sud de l'Italie, le printemps n'amène ni fleurs, ni fruits. C'est un pays d'exil pour Carlo Levi, opposant au régime fasciste. Un pays tout juste bon à abriter la vie austère et sans but des cafone, rançonnés et méprisés par tous ceux, des politiciens de Rome aux pharmaciens, en passant par les seigneurs, les curés et autres médecins, qui usant de ruse, de violence ou de boniments, arrivent toujours à prélever quelques lires à ceux qui n'ont rien.D'un tel pays, où même le Christ ne s'est pas arrêté, on ne peut que fuir, vers l'Amérique ou vers la guerre que mènent les romains, là-bas, en Abyssinie, de l'autre côté de la mer. Mais l'Afrique peut être aussi le lieu du dernier souffle et bien des cafone de Gabliano sont rentrés bien pauvres d'Amérique, après la fameuse crise de 1929. Alors entre la malaria et le percepteur, autant rester au village et tenter d'y survivre. Carlo Levi, don Carlo, c'est un seigneur, c'est entendu. Mais pas un seigneur comme les autres. Il a accepté la tâche ingrate de médecin. Dans le dénuement total, ce n'est pas qu'il puisse faire des miracles. D'ailleurs, autant compléter ses prescriptions par celles des sorcières. Mais Don Carlo n'est pas un de ces « médecins pour les ânes », ignorants, méprisants, et qui ne consentent à se déplacer dans les cahutes des cafone que s'il y a rétribution à la clef. Autant dire pas souvent. Avec Don Carlo, on a affaire à un médecin pour les hommes. C'est en homme, en femme, en enfant, tel que vous êtes qu'il vous regarde, qu'il vous ausculte, puis qu'il vous écoute. Et enfin qu'il vous peint. Alors la Lucanie, sous le pinceau, pardon, la plume, de Carlo Levi prend les couleurs des vies des paysans et de tous les habitants de Gabliano, de leurs c½urs, de leurs amours, de leurs haines, de leurs jeux, de leurs croyances, de leurs peurs, de leurs lâchetés, de leurs résistances. Le récit de ses deux années d'exil devient une galerie de portraits doux-amers, clairs obscurs, où même chez le podestat fasciste, la fragilité de l'humain transperce le poids des servitudes plus ou moins volontaires. Carlo Levi signe ici une véritable ethnographie de la Lucanie ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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