Ce livre est plus complexe que le film "La neuvième porte" avec J. Depp, dont il est à l'origine, notamment à cause du parallèle permanent (dans le livre) entre ce qui arrive au héros, Corso, et à D'artagnan dans "Les trois mousquetaires" de Dumas. Plus érudit aussi, mais c'est normal, un film doit simplifier et ne dure que 2h.
Maintenant je comprends mieux le personnage de Corso. Il est excellement bien campé, en loup maigre sans passion , sans morale, étonné par rien, arrière arrière petit fils d'un grognard de la Grande armée, démêlant peu à peu l'énigme dissimulée dans trois manuscrits qui ont le pouvoir, dit-on, de faire apparaître Satan si on les réunit.
Corso est un fabuleux compagnon de nuit, de ceux qui nous font plonger en une seconde dans leur univers de ruelles, de chambres d'hôtel, de souvenirs douloureux, d'amitiés de comptoir, de vieux grimoires et de bibliophiles dévorés par leurs éditions originales vénitiennes, vélin de France, à grande marge, titre imprimé sur peau au fer à dorer.
Un léger bémol sur la description de certains personnages féminin, je ne vous dit pas pourquoi, c'est mineur, à vous de voir. L'ange déchu Irene Adler est quand même réussie.
Belle écriture, bonne histoire, A. Perez Reverte nous entraîne avec jubilation jusqu'aux portes de l'enfer.