J'ai acheté ce livre pour fêter le retour de Michel Polac à ses chroniques littéraires à Charlie Hebdo après un an d'absence pour maladie, le 1er juillet 2009.
Voici ce qu'il en dit [les crochets sont de moi]: "le livre le plus [suivent 4 adjectifs très laudateurs] que j'ai lu en 2008 [.....] et raconter l'histoire n'éclairerait en rien le mystère de cet ensorcellement."
Il écrit ça en juin 2009, donc au moins 6 mois après, ne mentionne aucun autre livre, sauf "un chef d'oeuvre" : "La Guerre des jours lointains", du même auteur, dont il également vanté "Naufrages", et n'a plus fait d'autre chronique depuis.
Or, Michel Polac, ça n'est pas n'importe qui comme lecteur (parmi ses auteurs préférés Anton Tchekov et Raymond Carver, et moi pareil.)
Le Convoi de l'eau est un très beau livre, court, facile à lire, très factuel, mais puissant et profond.
Comme dans la nouvelle de Kafka l'Epée (un jeune homme est tiré d'un rêve par ses amis qui viennent le chercher pour une promenade, et découvrent qu'il a une grande épée du moyen-âge glissée entre la peau et la chair le long de sa colonne vertébrale, qu'ils lui enlèvent en riant), il s'agit de la rencontre entre deux mondes, celui de la promenade et des jeunes gens qui rigolent, et celui des anciens chevaliers, presque disparus, mais qui brandissent encore leur épées dans nos rêves.
Ne vous laissez pas rebuter par ce commentaire vaseux : c'est un très bon livre !