Rappeur insolite issu de la mouvance X-Men, TTC et Klub des Loosers, James Delleck a fait son apparition par la mixtape
L'Antre de la Folie avec Teki Latex en 1999. Trois ans après, il envoie
Acouphène, jolie carte de visite de son univers mêlant débuts du hip-hop, rythmes discoïdes et souvenirs de radios libres. Après deux expériences en groupes (Gravité Zéro et Klub des 7), le revoici sur un label classe et plutôt chanson (Tôt ou Tard).
S'ouvrant sur une
« Chrysalide », montée en puissance instrumentale servie par Vincent Ségal,
Le Cri du Papillon poursuit l'inventaire autobiographique et fictionnel de Delleck, dominé par son phrasé caractéristique, clair et distinct. L'auteur y livre son
« Profil psychologique » et sensuel sur fond de funk noueux de la basse.
« Le Réverbère » s'avère plus cru et réaliste, tandis que la pression se relache sur le parodique
« Gérard de Roubaix » ou le récit d'un « prolo millionnaire » porté en triomphe par le public puis tombé alcoolique.
La visite des tableaux
delleckiens continue avec le trépidant
« L'Amour » («...c'est mieux quand c'est à deux »), délicieuse oasis au milieu du désert conjugal ;
« L'Etranger » ou les vissiscitudes d'un humain hors-norme.
Le Cri du Papillon se fait plus sombre à mesure qu'il avance, égrenant souvenirs amers (
« 15 ans ») et apocalypse electro rap (
« Personne »). Auteur d'un prometteur
Acouphène, James Delleck signe un album torturé. Il réussit ainsi sa mue et son entrée dans le grand bain.
Loïc Picaud - Copyright 2012 Music Story