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Un soir d'octobre 1982. Olivier Froux meurt dans son appartement, en compagnie de sa femme, victime de la défection d'un appareil de chauffage. Depuis quelques années, Olivier Froux était le monteur des films de Raymond Depardon. En ce mois d'octobre, il s'apprêtait à boucler
Faits divers de son ami photographe réalisateur. Pour Depardon, c'est la perte brutale de sa moitié. Et c'est dans cette période de troubles que l'idée de ce livre a surgi, un livre dédié à la mémoire d'Olivier.
Le Désert américain est donc né d'un fait divers mais laborieusement, après trois voyages en Amérique. Un livre du pays des images qui témoigne d'une expérience, d'actes qui ont laissé des traces. Ce sont des images d'Arizona, de bords de route, de motels, de Las Vegas Boulevard arpenté par une prostituée, de la prison d'Alcatraz, des studios de la Fox et d'Universal, d'une institution psychiatrique à Hollywood, du Canyon de Chelly. Des images en noir et blanc qui renvoient toujours à Olivier, des images de "voyage entre deux personnes, de ce qui s'échange entre eux, de ces mini trocs symboliques qui sont à la base de l'amitié".
--Céline Darner
Quatrième de couverture
Pour Raymond Depardon, ce livre est né de ce qu'un accident a fait communiquer, d'un seul coup, plusieurs plateaux jusqu'alors séparés de son expérience. L'accident, c'est la mort brutale d'Olivier Froux, son monteur depuis Numéros zéro, au moment même où ils allaient commencer ensemble le montage de Faits divers. Le premier plateau, c'est l'Amérique comme un rêve d'enfance et comme pays de cinéma. Le deuxième, c'est le voyage qui se confond pour Raymond Depardon, où qu'il aille, avec la fascination des déserts. Plusieurs voyages se superposent dans les images californiennes de ce livre : le dernier voyage avec Olivier Froux et un voyage dans le désert des studios d'Hollywood. Le dernier plateau, c'est celui d'une interrogation de Depardon cinéaste sur le montage, comme un fil qui relie tous les autres : le voyage, la mort, et la traversée du désert. Un texte de serge Toubiana ouvre le livre.