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Hardy revient. On n'y croyait plus tant la belle avait juré que Décalages (1988) serait son dernier album. Heureusement, quelques flashes musicaux avaient depuis nourri en nous quelques espoirs ("Si ça fait mal" avec A. Lubrano, "The Revenge Of Flowers" sur l'album Paris de malcom Mac Laren ou "To The End" avec Blur). L' "Obscur objet" de nos désirs est enfin entre nos mains : sur les mélodies rock et linéaires d'A. Lubrano et R. Burger (Kat Onoma), Françoise a ciselé des textes lapidaires d'une noirceur et d'une ironie terrifiantes ("Mode d'emploi", "Zéro partout"...). Seuls "Un peu d'eau" et "Regarde-toi" co-signés avec J.-N. Chaléat apportent quelques notes légères dans cet enfer où l'on replonge à deux fois avec la même jouissance. Et sans autre "danger" que celui de se laisser lentement séduire par les ténèbres... -- Platine - Mai 1996
Le danger... quel titre bien choisi! Danger d'abord pour Françoise Hardy qui aurait pu s'arrêter, comme elle l'avait d'ailleurs dit, après une carrière fantastique, et qui décide de revenir et de se mettre en danger avec une musique plus rock que précédemment (merci Rodolf Burger) et en écrivant ses textes (ce qu'elle ne faisait plus systématiquement). Danger ensuite pour l'auditeur, qui à la première écoute, s'il ne fait pas vraiment attention aux paroles, trouvera l'album assez lumineux, car les musiques sont juste comme il faut. Mais, Françoise Hardy n'a pas l'habitude de tomber dans ce type de facilité, et ses paroles sont beaucoup plus amers qu'elles n'y paraissent au premier abord. Des paroles absolument splendides à vrai dire, le tout soutenu par une voix toujours aussi impeccable qui semble toujours autant n'être destiné qu'à soi. C'est ça le charme de Françoise Hardy: parler à tous individuellement.
Cet album "rock" est pour moi reste le meilleur de Françoise Hardy. On a beaucoup parlé des suivants, mais écouter celui ci, plus surprenant que les autres, peut dérouter, mais il est tout simplement excellent ! A découvrir absolument !
Après des années 80 catastrophiques où on lui a fait chanter n'importe quoi, la belle avait juré qu'on ne l'y reprendrait plus ! Elle n'a accepté ce retour inattendu qu'à condition qu'on lui laisse faire ce qu'elle voulait, et pour commencer un album rock ! Le résultat est un vrai bonheur. Les musiques comme les textes sont finement ciselés. Les compositions de Rodolphe Burger (Kat Onoma), avec ce son de guitare si particulier, conviennent parfaitement à cette voix elle aussi si particulière et donnent à cet album ses plus beaux moments, notamment la chanson Dix heures en été, à écouter en boucle. On a beaucoup plus entendu parler des albums qui ont suivi, mais cet album du retour mérite qu'on ne l'ignore pas !