Quand j'ose dire "le meilleur polar de tous les temps", ça n'engage bien sûr que moi !
Le deuxième souffle, immortalisé par Melville avec une maestria qu'on parviendra difficilement à égaler, est un anti-roman. Le vieux Gu, truand affligé de repères dépassés, serait presque ridicule avec son code de l'honneur qui date de la cour des mirâcles: il campe l'image de l'homme qu'il se figure être correcte, mais qui n'est qu'image d'Epinal.
Les personnages sont très forts, chacun est épais, chacun dans sa logique, chacun sur son chemin dont il ne dévie pas parce qu'il ne peut dévier. "Le deuxième souffle" est une tragédie antique écrit dans un style simple, ravageur de simplicité.