Quel événement ! Une bataille. Quelle bataille !
Georges Duby, médiéviste de talent, nous conduit sur les chemins de la compréhension de l'Histoire. Une bataille, ce n'était pas fréquent. Guillaume le Conquérant de toute sa vie en a livré deux seulement, dont celle connue de tous, Hastings.
Une bataille s'apparentait dans son mode au tournoi de chevalerie. Le tournoi, au XIII° siècle était de fait une bataille pour le jeu, la gloire, les honneurs et l'argent. Il ne s'agissait pas d'un affrontement entre deux guerriers, mais au contraire entre plusieurs.
La bataille se conçoit comme un engagement militaire entre pairs. Le Roi Philippe Auguste se bat contre l'empereur, excommunié, allemand, Otton et ses alliés proches de Jean Sans Terre, roi d'Angleterre.
Philippe Auguste, pourchassé avec son armée, décide de faire face à Bouvines, un dimanche 27 juillet 1214. Il va fédérer une Nation. Sa victoire servira à asseoir la monarchie capétienne. Elle est retentissante sur plusieurs dizaines d'années. Elle est un modèle.
L'immense talent de Georges Duby est bien celui de traduire le contexte historique de la société, des trois états, de l'évolution de la féodalité, de la chevalerie, des manières de penser.
Les historiens de l'époque montrent la bravoure des grands chevaliers. Les sergents, du tiers état, non anoblis, portant armure et cavaliers, ne sont pas mentionnés; à l'exception d'un seul.
Les piétons (le peuple) ne sont jamais mentionnés que par la négative. Ils cherchent à tuer alors que le chevalier combat pour capturer et monnayer ensuite la liberté de son prisonnier.
3 chevaliers sur les 900 engagés trouvèrent la mort.
Otton détala.
Philippe Auguste fut grand.
L'historiographie jusqu'à nos jours éclaire notre manière de voir cette très grande bataille, actrice de la fondation de notre Nation.
Un chef d'oeuvre.