L'intrigue se situe à New-York en 1953.William Lee, le héros, est exterminateur de cafards et autres parasites.C'est à l'aide d'une poudre jaune particulièrement efficace qu'il décime ainsi des populations entières de blattes chez les particuliers.Alors qu'il vient de s'apercevoir que sa réserve d'insecticide est épuisée, il se persuade que quelqu'un lui a volé, peut-être afin de lui nuire.Un ami à lui lui conseille de se mettre à écrire ce qui lui permettrait de gagner plus d'argent qu'en tant qu' exterminateur d'insectes.William lui réponds alors qu'il a arrêté d'écrire à l'âge de dix ans.Trop dangereux pour lui l'écriture.Est-il passionné par son métier lorsqu'il réponds avoir trouvé sa voie dans ce métier peu reluisant?
Marié à Joan, il semble réaliser un jour en rentrant chez eux et en la voyant se "shooter" à l'aide de la fameuse poudre jaune qu'elle est peut-être responsable de la disparition de cette dernière.Dans le bar ou lui et ses collègues de travail se retrouvent après le travail il est accosté par deux hommes, des policiers, convaincus qu'ils use de la poudre comme d'une drogue plutôt que comme outil de travail.et l'emmènent au poste de police. Alors que William nie les faits, les deux flics tentent une expérience devant lui, persuadés que la substance peut être assimilée à une drogue, en sortant d'une boite en carton une étrange créature, sorte de monstrueux cafard géant, et en le posant sur un tapis de poudre.Les deux hommes laissent alors la bête en compagnie de William seuls dans la pièce.
Contre toute attente, la créature se met à parler d'une voix nasillarde et assure à William que c'est elle qui a organisé cette rencontre entre eux deux. Elle affirme à l'homme impassible qu'il travaille pour elle, qu'il est son agent.Elle affirme aussi que sa femme Joan n'est pas vraiment sa femme.Qu'elle n'est même peut-être pas humaine et qu'elle travaille tout comme lui pour " l'interzone", sorte de refuge situé en Afrique dans lequel on rencontre les laissés pour comptes de l'humanité, et qu'il doit la tuer.
Alors qu'il rentre d'un rendez-vous chez un médecin lui ayant prescrit un médicament censé le guérir de la dépendance à la poudre jaune dont il est victime, il trouve sa femme au lit avec l'un de ses amis.C'est alors que survient le drame.Alors que Joan et lui jouent à Guillaume Tell, elle, un verre au dessus de la tête et lui l'arme au poing, William la tue accidentellement.
Accoudé alors à nouveau à un bar, il retrouve la créature précédemment rencontrée au poste de police mais sous une autre forme et qui lui conseille de quitter New-York dans l'urgence puis de se rendre dans le seul lieu approprié à un homme de son acabit : l'interzone...
C'est sur cette idée que la première partie du film de David Cronenberg ( "Chromosome 3", "Faux-semblants", "La mouche", "History Of Violence") se clôt sur un New-York rétro et que l'on pénètre ensuite dans ce que l'on comprends être une zone de non retour pour les reclus de la société.Il est intéressant de remarquer l'analogie qui est faite (selon moi) entre le métier de Lee, la poudre utilisée pour exterminer les cafards et autres blattes en tout genres et la dépendances aux drogues dures.On voit dans cette poudre jaune que certains s'envoient dans les veines une similitude avec la cocaïne, substance très prisée par les amateurs de drogues dures.On pense alors que le rôle d'exterminateur de William est en réalité celui des dealers qui approvisionnent leurs clients toxicomanes en divers produits stupéfiants tombant lui-même dans un tourbillon hallucinatoire lors de son périple en Afrique.Le meurtre de sa femme qui en réalité est un accident est peut-être la cause de sa dépendance.A moins qu'il ne s'agisse de l'homosexualité qui chez lui s'est développée très tard...Pourtant l'on apprends qu'elle est chez lui ainsi que dans sa famille, et ce depuis longtemps, une tare dont il est difficile de se débarrasser.
Dans cette seconde partie du film, on retrouve la plupart des personnages qui entouraient William Lee à New-York et même une Joan différente et mariée à un vieil écrivain excentrique dont il ne tardera pas à faire la connaissance et même à se lier d'amitié avant qu'un événement particulièrement étrange les fasse devenir ennemis.
"Le festin nu" ne se livre que très difficilement.Il doit être courant même de ressentir un rejet total devant une telle accumulation d'événements aussi incongrus les uns que les autres.Les questions, par dizaines, encombrent très vite les esprits : Joan existe-t-elle vraiment ou n'est-elle que la représentation féminine du désir qu'à William de se sortir de son "état" d'homosexuel ? Se drogue-t-il simplement parce qu'il n'a aucun autre moyen de trouver l'inspiration dans l'écriture? Combien sont-ils à remarquer les étranges rapports qu'il cultive avec sa vieille machine à écrire?
Ce qui frappe dans ce film selon moi, et ce à force de s'accommoder au délire du cinéaste qui, je le rappelle s'est inspiré du roman éponyme et autobiographique de William Burroughs, c'est l'effarante simplicité de certaines scènes qui arriveraient presque à faire passer le film pour un classique polar noir alors qu'il n'en n'est rien.Finalement, même après que le générique de fin ai pris le relais, on n'en n'apprendra guère d'avantage et c'est peut-être mieux ainsi.Si je devais me faire une idée du contenu du film, je dirai simplement qu'il s'agit d'une plongée dans les tréfonds d'un esprit malade et gorgé de stupéfiants exprimant un mal être notoire à travers ses rencontres, ses écrits et ses incantations...........
Les acteurs sont tous formidables, Peter Weller en tête qui changea ainsi radicalement de registre après avoir interprété le célèbre flic de "Robocop".Judy Davis elle croisa la route des frères Coen dans "Barton Fink" et conserve sans mal le charme troublant qu'on lui connaît.Julian Sands dans son personnage d'homosexuel raffiné est simplement......attachant quand à Roy scheider, cet acteur qui est un vieux de la vieille, le revoir dans les quelques rares scènes qui lui ont été offertes est un pur plaisir......
Film curieux mais intéressant à découvrir...