C'est la formule choisie par Raymond Kévorkian pour qualifier « la logique qui a dominé le régime jeune-turc en 1915 et imprègne encore les fondements idéologiques et culturel d'une société qui rejette son passé. »
Croire à la version du CUP, parti nationaliste inquiet de la désagrégation lente de l'empire ottoman, après l'indépendance des nationalités balkaniques et visant à « l'homogénéisation » de l'Asie mineure en espace Turc, relève du même angélisme qui fit applaudir Daladier de retour de Munich (en Septembre1938) à Orly par des foules en délire croyant avoir évité le pire. La suite parle d'elle-même. Il n'est qu'à lire les phases successives de la « solution finale » appliquée avant l'heure à la communauté Arménienne, (1,5 à 2 millions de victimes...) entre la veille de la première guerre mondiale et Décembre 1916, pour en saisir l'horreur, souvent insoutenable, telle que nous la détaille scrupuleusement l'auteur, jusqu'au procès tronqué des Unionistes entre autres farces judiciaires. Au moins ont-elles, à défaut, inspiré la Convention sur la prévention et la sanction ses génocides par l'ONU en 1948, quoique, en 2011 on a toujours le droit de se poser des questions...