Joseph Losey ne fait peut-être pas partie de ces réalisateurs hollywoodiens incontournables de l'âge d'or du cinéma américain, néanmoins, il aura laissé une trace plus qu'intéressante. Plus à l''aise dans le film d'auteur que dans le blockbuster, le cinéaste très proche de l''Angleterre aura offert, notamment, l'un de ses plus beaux rôles à Alain Delon dans Monsieur Klein. Le Garçon aux Cheveux Verts (1948) est son tout premier long métrage.
Voguant de familles d''accueil en pseudo oncles et tantes, le petit Peter est une victime de la Guerre (celle de 1939-45). Persuadé que ses parents sont encore vivants, il endure ces changements de foyers avec un mutisme grandissant. Un jour, c'est Gramp, un ancien acteur d''origine irlandaise, qui recueille le petit garçon avec son balluchon. Pas forcément très à l''aise avec les enfants, le vieil homme parvient tout de même à décrocher quelques sourires à Peter et bientôt, une réelle amitié naît entre ces deux âmes solitaires. Un matin, tandis que Peter apprend la vérité sur ses parents, il se réveille avec les cheveux verts. Très vite, Gramp préfère cacher la tignasse du petit garçon aux yeux de tous, mais nul ne restera dupe ! Peter, persuadé qu''il est l''élu, délivre à tous le message qu''il faut s''aimer les uns les autres. Il sera vite, en dépit des avertissements de son vieil ami, la risée de tous, grands et petits. La cruauté et l''intolérance n'ont pas d''âge'
Film résolument pour enfants (et parents), Le Garçon aux Cheveux Verts est une fable sur la tolérance et un pamphlet contre le racisme. Relativement court, le film de Joseph Losey délivre un message fort. Rappelons à toutes fins utiles que le réalisateur connaîtra, du fait de ses appartenances politiques, la chasse aux sorcières. Sur le plan du casting, les fans de la série Code Quantum auront le plaisir de découvrir Dean Stockwell dans son tout premier rôle. Quant aux adorateurs de la B.O. de Moulin Rouge, ils pourront se réjouir dès les premières notes du générique de présentation, puisque la chanson d''ouverture n''est autre que celle qui commence par : « There was a boy' » (magnifiquement reprise par David Bowie').
Concernant le DVD, relativement pauvre en termes de bonus, il propose une qualité d''image et de son très correcte. En outre, il faut saluer cette collection RKO qui ne lésine pas sur l''édition de films rares'...