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6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Quel dommage que...,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Guépard - Edition collector (DVD)
Oui, quel dommage que Pathé, dans cette réédition d'un chef d'oeuvre immortel de l' histoire du cinéma, ne nous donne que la version mutilée de 2h57, alors que l'édition collector (je dis bien: édition collector, celle en coffret de 2 DVDs) du même éditeur, sortie en 2003 et qui va disparaître des bacs, proposait la même version en VF, MAIS SURTOUT, sur le second DVD, la version intégrale de 3h25 en VOST.Pour une amélioration d'ailleurs toute relative de l'image si l'on s'en tient au format DVD standard, pourquoi avoir supprimé 28 minutes du film ??? Mais qu'est-ce qui a bien pu leur passer par la tête ??? Mon conseil: Amazon propose encore la version collector 2003: RUEZ-VOUS DESSUS TANT QU'IL EN RESTE! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
la mort en Sicile d'un monde aristocratique,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Guépard - Edition collector (DVD)
1962, Visconti nous offre un film qui encore aujourd'hui se regarde comme à sa sortie avec des yeux émerveillés...Une longue fresque de trois heures qui me fait penser à Autant en emporte le vent, où le monde de privilégiés laisse la place à celui d'un avenir plus commun. Même époque (1860), mêmes beaux costumes, même recherche dans les détails des décors et des costumes, même foisonnement de caractères complexes. Mais si "autant en emporte le vent" était centré sur l'histoire d'une héroïne et de son combat pour garder les privilèges de ce monde perdu, ici Visconti utilise un Prince aux idées clairvoyantes et aux sentiments généreux pour dire que l'avenir même décadent doit être accepté.Un Prince qui dit "nous étions les guépards, les lions, ceux qui viendront seront les chacals, les hyènes et tous nous continuerons à nous prendre pour le sel de la terre".... Il dit aussi "il faut accepter le changement pour que rien ne change" ...il l'accepte à regret mais contribuera à réaliser ce changement en réalisant l'alliance de son neveu (aristocrate et opportuniste) avec la fille d'un bourgeois devenu puissant... Une alliance d'avenir où le monde ancien se fond dans le nouveau, celui de la "révolution" de l'annexion de la Sicile, de la réunification de l'Italie. Un Casting de rêve nous fait découvrir (en 1962) Claudia Cardinale pulpeuse, éclatante dans des costumes victoriens, légère, provocante et un brin commune (je ne dis pas vulgaire), c'est Angélica la fille du maire de la ville, un très riche bourgeois qui rêve d'être gentilhomme. -Claudia Cardinale aux cotés de Alain Delon, splendide jeune homme, aimé des filles de cette cour princière, flirtant, aimant la plus belle, la plus riche, celle du monde nouveau. -Alain Delon, c'est Tancredi, le neveu chéri du Prince, celui dans lequel ce Prince se retrouve jeune, vigoureux, celui dont le Prince est jaloux... Tancredi qui est d'abord le révolutionnaire engagé avec les chemises rouges de Garibaldi, qui démissionne quand la réunification se fait sous l'égide du roi Victor Emmanuel, qui revient en Sicile pour recueillir les fruits, les richesses que l'amour d'Angelica lui assurera. -Burt Lancaster, un prince élégant, pater familias, savourant ses privilèges mais lucide au point de vouloir s'en séparer pour conserver sa dignité d'homme. -On apercevra aussi : Serge Reggiani (en aristocrate conservateur), Terence Hill (en drôle de soldat rouge puis bleu, en amoureux éconduit par la fille du Prince)... Mais ce dont je me souvenais du film, vu lors de sa sortie, c'est de la longue scène de la réception et du bal donnés par les parents de la fiancée Angélica...Une longue scène de plus d'une heure où tout est dit des sentiments des personnages. -jalousie de la rivale d'Angélica qui est fixée sur son amour romantique de jeunesse, -fierté outrageuse du père de cette fiancée, -explosion de joie et de fierté de la belle fiancée, qui se voit reine du bal, -regrets désespérés du Prince qui voit sa jeunesse le quitter et son monde disparaître, -provocation d'Angélica pour attirer les regards et les désirs du Prince, de l'assemblée, faire naître un brin de jalousie chez le fiancé, -élégance, gaité et jalousie masquée de Trancredi qui voit sa fiancée ouvrir la première valse avec l'oncle-prince... Cette scène, longue, splendide, est accompagnée d'une musique inoubliable, signée Nino Rota. Les costumes et décors sont parfaitement reconstitués et traduisent un monde féérique à peine imaginable aujourd'hui. Une place particulière est donnée à la religion dans ce film. Même si le confesseur du Prince a un rôle semble-t-il de directeur de conscience...Le Directeur est toujours le Prince, agissant en maitre après Dieu et décidant lui même, du moment des prières, des visites religieuses...Il envoie promener également le dit confesseur en lui répliquant "ce qui est essentiel dans la confession ce n'est pas le discours mais le repentir"...Il est aussi sincèrement respectueux envers sa foi, s'agenouillant au passage du Saint Sacrement et continuant sa prière vers les étoiles ...appelant sa fin...voulant disparaître du monde avec "son" monde... Il existe une VF, une VOST (italienne évidemment) Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Le chef-d'oeuvre de Visconti!,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Guépard - Edition collector (DVD)
Luchino Visconti réalise ici l'une des plus grandes fresques jamais tournées sur l'histoire de l'Italie au dix-neuvième siècle en Sicile. Il faut signaler que la Sicile n'appartenait pas à l'Italie au début du long-métrage, cette oeuvre rapporte son unification à ce pays. Ainsi, on peut constater avant la guerre du temps de Garibaldi que les aristocrates dominaient cette île et dépensaient l'argent à foisons dans des châteaux luxueux. Visconti montre que le patriarche incarné par Burt Lancaster veillait à l'intérêt de sa famille mais également à ses plaisirs autrement dit comme dans tous les royaumes, une poignée de gens s'amusaient et priaient quand d'autres vivaient dans la misère. On assiste ainsi à la fin d'un monde, celui de l'aristocratie, remplacé par la bourgeoisie. Les bourgeois qui avaient bâti leurs richesses sur leurs commerces commençaient à acheter tous les terrains et tous les objets de grande valeur, Visconti montre également leur snobisme quand ceux-ci tiennent tellement à obtenir du sang noble. Alain Delon incarne le neveu du prince Salina, un opportuniste qui épouse la fille d'un très riche bourgeois incarnée par Claudia Cardinale. Le réalisateur montre la différence des classes sociales, affichant des caractères coincés chez les aristocrates et spontanés chez les bourgeois. Mais plus qu'une fresque, le long-métrage montre un homme charismatique et séduisant incarné par Burt Lancaster qui sent la fin de son règne approcher et qui l'accepte en organisant des compromis divers mais le réalisateur italien désire surtout afficher la solitude de cet homme qui se voit vieillir et qui ne trouve plus de goût à la vie contrairement aux jeunes pleins de vie et de fêtes. La scène dans laquelle il pleure qui s'en suit par une invitation à danser par sa belle-nièce donne une émotion forte au long-métrage. Un film qui n'hésite pas à montrer les horreurs de la guerre ni les pensées politiques des Siciliens par rapport à l'Italie. Un scénario riche et dense, une musique grandiose signée Nino Rota, une réalisation soignée, un grand acteur, "Le guépard" appartient à la catégorie des chefs-d'oeuvre du cinéma, un film distillant tous les sentiments humains, l'amour, la jalousie, la violence, la haine, le mépris et la mélancolie. Un film grandiose, un rôle en or pour Burt Lancaster!
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