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3.0 étoiles sur 5
Road-movie provencal à travers le choléra au XIXème s., 20 avril 2011
J'ai un avis mitigé à propos de ce livre: Sur le versant positif, la puissance d'évocation est à la hauteur de l'objectif que s'est fixé l'auteur. On a vraiment l'impression de voir les gens crever devant nous. De même, le choléra choisi pour ce roman semble posséder une valeur symbolique plus universelle, au sens de "la catastrophe qui s'abat sur les gens", cela pourrait être la guerre, une catastrophe naturelle quelconque, cela à le mérite de faire ressortir beaucoup de côtés sombres de l'humain savamment enfouis et dissimulés en temps calmes. La note d'espoir de Giono, pourrait être que même en ces temps de farouche adversité, où il y a fort à faire, juste pour passer à travers et sauver sa peau, il se trouve toujours deux ou trois âmes nobles qui ne s'abaissent pas à l'égoïsme ou à l'appât du gain, mais qui savent se montrer grandes dans les grandes occasions, et racheter, bien petitement certes, l'espèce humaine. Sur le versant négatif, j'avais hâte de lire ce livre qui jouit d'une assez grande réputation et de découvrir son auteur dont je n'avais jamais rien lu auparavant. M'attendant à être surpris en bien, je dois confesser que c'est plutôt l'inverse qui s'est produit. Le style d'abord, au lexique très technique, mais sans grande nuance de lyrisme a quelque chose d'aride à mon goût. Les dialogues ne m'ont pas non plus transporté dans l'allégresse. Un je-ne-sais-quoi d'artificiel et d'hyper théâtral au mauvais sens du terme m'ont empêché d'y plonger pleinement. Le thème ensuite, traverser une zone infestée de choléra, c'est-à-dire se heurter aux habitants hostiles et soupçonneux, côtoyer les cadavres de cholériques, ne pas attraper la maladie, ces trois leitmotiv sans cesse répétés et mis en avant, font que ce thème peut avoir un petit côté lassant ou dérangeant à la longue. Une drôle d'impression au final, mais peut-être est-ce bien ainsi.
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5.0 étoiles sur 5
le cycle du hussard III, 19 août 2011
Angelo Pardi (exilé en France pour avoir tué en duel un baron travaillant pour les occupants autrichiens -un infâme mouchard-) doit traverser le sud jusqu'à Manosque afin de retrouver son frère de lait qui lui sert de messager et de banque entre sa mère une duchesse piémontaise et lui (elle écrit à son fils je cite les premières lignes "Mon bel enfant, as-tu trouvé des chimères ? Le marin que tu m'as envoyé m'a dit que tu étais imprudent. Cela m'a rassurée. Sois toujours très imprudent, mon petit, c'est la seule façon d'avoir un peu de plaisir de vivre dans notre époque de manufactures.(...)), surpris par une épidémie de choléra elle deviendra sa guerre et sa bataille pendant tout cet extraordinaire roman, il s'alliera à la jeune marquise de Théus Pauline par hasard et il l'accompagnera jusqu'au château de sa belle-soeur à La Valette, on est aux environs de 1840 ; Angelo est jeune, beau, fougueux, enthousiaste, brave, inconséquent, timide, franc, viride, égoïste et généreux : parangon de noblesse (extraits "Il y avait très peu de laideur dans son orgueil. Tout au moins, à peine ce qu'il en fallait pour qu'il soit humain." ""Peuple, je t'aime!" dit Angelo à haute voix. Mais tout de suite il eut scrupule et il se demanda si en réalité il n'aimait pas le peuple comme on aime le poulet. Le jour était à la gaieté. Le vent charriait des nuages. Angelo était comme le ciel : poursuite d'ombres par le soleil, poursuite de soleil par l'ombre.") est le héros qui fut mon modèle de vie -avec quelques autres- dès que je l'ai rencontré dans mon adolescence et même dans ses fanfaronnades il reste touchant, il tient tout le livre, il n'a peur de rien ou il fait tout comme, quand il aide un petit docteur ou une nonne en s'occupant avec eux des cholériques, sur les toits glissants de Manosque ("C'était le matin étouffant ; de craie ; d'huile blanche bouillante. La peau des tuiles de la ville commençait déjà d'exhaler un air sirupeux. Des viscosités de chaleur accrochées à toutes les arêtes noyaient les formes dans des toisons irisées de fil de la vierge. Le grincement incessant de milliers d'hirondelles fouettait l'immobilité torride d'une grêle de poivre. D'épaisses colonnes de mouches fumaient comme de la poussière de charbon de la crevasse des rues. Leur bourdon continu établissait une sorte de désert sonore. (...)" dans sa tendresse protectrice envers Pauline, dans ses réflexions sur lui-même, la liberté, la grandeur... il est hors de toute médiocrité bourgeoise, totalement. C'est un roman qui se savoure phrase après phrase, d'une grande intensité, fluide à la prose précise, minutieuse, imaginée, extrêmement vivante. Un grand livre du XXe siècle écrit par un Grand.
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3.0 étoiles sur 5
Hélas, j'aurais aimé..., 14 février 2006
J'aurais aimé retrouver dans le livre la fougue, l'urgence, l'éclair de passion que j'ai découverts dans le film magnifique de Rappeneau. Mais, au risque de passer pour un iconoclaste, je dirais qu'il y a "trop de mots" dans le livre de Giono... Oui, je sais, qui suis-je pour commettre le sacrilège de juger Giono ?
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