Difficile de ne rien ressentir quand on voit ce film. Au premier coup d'½il, c'est très romantique, versant dans le sentimentalisme. Une petite fille ayant perdu ses parents se voit recueillie par un oncle ayant lui-même perdu son épouse. Ambiance mortifère dans un manoir désolé au fond de la lande du Yorkshire, brouillards et jardins en friche. Voilà pour le décor. A partir de cette situation, la réalisatrice Agneszka Holland a réalisé un joli tour de force en mettant en scène ni plus ni moins que la thématique de la résurrection des personnes. Une jeune fille qui trouve sa place, un garçon alité qui apprend à marcher, un père qui retrouve son fils,... Des thèmes éternels qui sont traités avec beaucoup de pudeur.
Avec la découverte du jardin de sa tante, abandonné, la jeune fille va trouver un sens à sa vie. Dans ce jardin clos, préfigurant l'unité du jardin d'Eden, la réalisatrice a pris grand soin que la nature y soit magnifiée. Et c'est un réel plaisir de voir gambader les daims, agneaux, lapins, de pouvoir caresser un corbeau, suivre un rouge-gorge. Le travail sur la lumière est très bon et le spectateur est conquis par les images de la nature lors de la venue du printemps.
A noter que dans ce film, les seconds rôles ont beaucoup d'importance. Le père (John Lynch), très absent, mais surtout Medlock, la gouvernante, portée par une Maggie Smith (bien connue des fans d'Harry Potter) radieuse et incarnant parfaitement cette gouvernante un peu revêche qui règne sur le manoir.
Un beau film tout en douceur qui ravive des désirs d'enfance de cocon, de cabane, de dialogue avec les animaux. En un mot, de retrouver le paradis perdu.