C'était du temps où à Argenteuil, une plaisante ville de la banlieue parisienne dont la renommée passée était la culture des asperges, des centaines d'habitants passaient leurs loisirs dans leurs jardins à cultiver « bio ». Le père Martin, dit « Tulipe » (Jean Gabin) était de ceux-ci. C'est un homme simple, paisible, épicurien qui nous montre, comme Diogène, le sentier de l'existence heureuse le plus facile à parcourir. Son habitation est une ancienne voiture de chemin de fer de troisième classe. En plus de son jardin, son passe-temps préféré est la peinture et le dessin où il excelle. Pour faire face aux imprévus, il fabrique de temps à autres des billets de dix francs.
Dans les années soixante, la France se met en marche vers le siècle que nous vivons actuellement : construction de HLM « barres à béton », informatisation des services publics... et on constate qu'un citoyen, notre héros, n'a jamais cotisé à la Sécurité Sociale (il ne reçoit donc pas de retraite et ne peut être considéré comme un retraité, bien qu'il en ait l'air et le comportement). Un fonctionnaire est chargé de lui signifier qu'il est dans l'illégalité, doit se mettre en règle et payer des arriérés. Et c'est là que l'histoire commence, pleine d'inattendus, de rebondissement cocasses que je vous laisse le plaisir de découvrir. Tout cela très bien joué par des acteurs de grand talent, même si d'après certains ce n'était pas leur meilleur rôle. Une musique de Serge Gainsbourg, bien dans le ton du film. Il n'aurait pas dû en faire plus dans ce film.
Comme dans tout film qu'on a bien aimé, on se demande ce qu'il adviendra du père Tulipe le jour où les fabricants de barre à béton vont l'expulser de son wagon. À-t-il bien fait de se séparer de sa planche à billets ? On peut toujours rêver, c'est compris dans le prix du DVD.
Si vous passez par Argenteuil, ne cherchez pas ses jardins ni ses asperges. C'était encore vrai il y a un siècle.