Tout d'abord un petit mot sur l'auteur. Dino Buzzati est né à Belluno en 1906 et mort à Milan en 1972. Il s’est fait connaître en France dès 1949 avec son roman « Le Désert des Tartares », son troisième roman qui lui valu le Prix Halpèrine Kaminsky en 1950. Ce livre lui apporte très vite une renommée internationale avec un style d’écriture ramarquable très prêt de Kafka, nous plongeant dans une certaine angoisse, et nous interrogeant sur la fatalité et la raison de vivre. Vous l'aurez compris ce livre, avec le K, est l'un de mes préférés.
Après des études de droit faites à Milan (où son père était professeur de droit international), il se tourne bien vite vers la littérature. Très jeune, il écrivait déjà des poèmes. A vingt-deux ans, il est correspondant du Corriere della Sera en Ethiopie, puis, par la suite, il sera correspondant de guerre dans la Marine,…
Le livre dont je vais vous parler aujourd'hui est en fait un recueil de nouvelles, au total 44 récits très différents les uns des autres où se mêlent merveilleux, humour, sensibilité, doute, mystère et j'en passe. 44 histoires qui font que Buzzati peut, sans aucun doute se placer parmi les meilleurs auteurs contemporains. Le K est donc un excellent ouvrage à lire absolument sans retenue.
Vous y découvrirez "Le K", une légende des gens de la mer où un énorme squale (qu'on nomme K) suit sa victime pendant des années jusqu'à ce qu'il puisse la dévorer. C'est l'histoire d'un homme Stéphano qui va passer sa vie à fuir ce monstre et qui, devenu vieux décidera de faire face à son destin. Mais pour quelle raison, au fait, ce squale le poursuit-il ?
Vous lirez avec sourire "La création", où comment le Tout-puissant accepta, bien malgré lui, de créer le premier homme et la première femme.
Vous serez presque gêné devant le "Pauvre petit garçon !" au doux petit nom de Dolfi qui est le sujet de moqueries des autres garçons de son âge qui l'appelle Laitue.
Vous frémirez en ajustant à votre corps "Le veston ensorcelé". Ou encore après avoir rencontrés les "Chasseurs de vieux".
Et que feriez-vous ? si un jour vous étiez "Le défunt par erreur" qui comme un "Fauve au volant" "Voyage aux enfers du siècle".
Mais je ne vais pas non plus vous citer et vous décrire chacune de ces merveilleuse Nouvelles. Je préfère vous laissez les découvrir ou bien encore les redécouvrir, car même si j'ai déjà lu ce livre plusieurs fois, j'ai toujours pris plaisir à le relire encore.
Je puis tout de même vous donner un avant goût et vous livre, ici, un petit morceau choisi de la nouvelle intitulée "La création" :
"…Les Dessins représentait un animal dont l'aspect était vraiment désagréable, pour ne pas dire répugnant, mais qui frappait, toutefois, parce que totalement différent de tout ce qu'on avait vu jusqu'alors. D'un côté était représenté le mâle, de l'autre la femelle. Comme beaucoup d'autres bêtes, ils avaient quatre membres mais, du moins à en juger d'après les dessins, ils n'en utilisaient que deux pour marcher. Pas de poil, si ce n'est quelques touffes ça et là, spécialement sur la tête, comme une crinière. Les deux membres antérieurs pendouillaient sur les côtés d'une façon un peu ridicule…"
Bonne journée et bonne lecture