Adapté d'un roman d'Alberto Moravia ('Le conformiste', 'La Ciociara', 'L'ennui'), qui a surtout écrit sur les rapports amoureux, 'Le mépris', réalisé en 63 en Franscope et Technicolor par Jean-Luc Godard avec la collaboration de Raoul Coutard pour les images (splendides) et Georges Delerue pour la musique (le thème du film qui sous-tend l'ensemble de celui-ci est magnifique) est un long-métrage tourné à Cinecitta et à Capri, générique dit et pas écrit (mais pas par JLG) sur la déréliction.
Brigitte Bardot est la jeune épouse, une ancienne dactylo en fait, de Michel Piccoli, un ancien écrivain de romans policiers qui travaille désormais pour le cinéma. Le producteur américain Jack Palance les fait venir à Rome pour que Michel Piccoli réécrive le scénario qui ne lui plaît pas de 'L'Odyssée', le prochain film de Fritz Lang (73 ans à l'époque). Sur place, à Cinecitta, puis à Capri, Michel Piccoli, qui a réalisé le grand intérêt que Jack Palance porte à sa femme, pousse celle-ci dans les bras de celui-ci dans l'espoir évidemment de s'attirer les bonne grâces du riche producteur américain, s'attirant ce faisant le mépris de son épouse.
'Le mépris' est l'un des films les moins hermétiques de son auteur et comprend quelques très beaux plans, témoigne d'une très belle utilisation de la couleur et profite du très beau thème musical composé par le grand Georges Delerue comme d'une distribution extrêmement originale et intéressante, mais n'en est pas moins un film avant tout intellectuel (les plans de Bardot nue -toujours de dos- ont tous été tournée par après et rajoutés, comme dans les films érotiques des années 60 qu'il s'est agi de transformer en films pornographiques dans les années 70) et donc froid : JLG n'a de toute façon jamais su exprimer la moindre émotion, ni dans ses films, ni probablement dans sa vie, et ceci donne à son œuvre un côté stérile qui lui enlève tout véritable impact, sauf bien sûr sur ceux qui fonctionnent comme lui. Vous voilà donc prévenus !