En lisant le commentaire précédent, je réalise combien une œuvre artistique( ici de 2006) peut être aussi question de sensibilité: pour ma part, j'ai suivi avec intérêt et tristesse, le parcours de cette femme interprétée par la chinoise Nan yu: Tuya est volontaire mais bornée, sorte de "Heidi mongole", qui reste incapable d'adaptation devant l'adversité; elle est donc limitée. Certains vont m'affirmer que son destin est celle des femmes de sa condition, qu'elle n'a pas vraiment le choix, en fait, tout au long du film, elle ne cesse d'avoir le choix, mais ne peut s'y résoudre. Le film offre une double lecture, d'une part, il explique clairement les tenants et aboutissants des choix de notre héroïne, de l'autre il présente l'agonie d'un peuple rongé par la sédentarité et la modernité importée; les yourtes ne servent plus qu'aux grandes occasions, et si l'eau semble si rare, l'alcool coule à flot à chaque rencontre. ce qui surprend, c'est le rapport omniprésent à l'argent dans les rapports humains de cette chine communiste. Tuya est assez belle et a le choix des prétendants, mais elle ne fait aucune concession, elle veut imposer son mari handicapé, & ses enfants, résiste à toute avance physique, tout en se présentant comme un parti à marier. C'est en vivant tout et son contraire, qu'elle fait du sur place, et glisse peu à peu vers un quotidien acceptable mais sans relief. Elle sait que les enfants de son premier lit vont en pâtir, mais elle ne peut rien contre, car il faut finalement survivre; pourquoi, pas plus en étoiles de notation?: j'aime les histoires positives, et celle là est désespérante comparée à la celle si vivante du film Mongol.