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4.0 étoiles sur 5
Léger, tonique et drôle !, 12 mars 2007
Voilà un roman léger, tonique et drôle, qui ne prend pas la tête, mais qui est souvent bien vu. Désirée a 35 ans, elle est bibliothécaire en section jeunesse, et elle se rend chaque jour sur la tombe de son mari Örjan. Lui a sensiblement le même âge, il s'appelle Benny, il élève des vaches, et vient chaque jour sur la tombe de ses parents. Lui, c'est le mec de la tombe d'à côté. Ils sont aussi différents que possible : elle aime les lignes simples et épurées, la culture et l'opéra, il ne jure que par la ferme, il est un peu souillon, et la tombe de ses parents est un mausolée digne d'un pépiniériste tant elle est ornée. Tout les oppose, mais voilà, quand Benny est proche de Désirée, elle a comme des papillons dans le ventre. Ces deux-là vont-ils pouvoir s'aimer ? Je vous laisse le découvrir ! On sourit souvent, même s'il est vrai que les clichés intello/paysan sont plutôt « bateau », attendus, et que l'expression des personnages (l'auteur a choisi de donner la parole à chacun des deux par alternance des chapitres) n'est pas si différente. Mais on s'amuse, c'est vif, léger, curieux, et j'ai souvent pensé au film je vous trouve très beau. J'ai particulièrement aimé la fin, courageuse, pas si simple, pas complètement tranchée non plus, sans être complètement ouverte non plus. Bref, un bon roman de détente, pas mièvre du tout !
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108 internautes sur 118 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Choc des cultures, 11 janvier 2007
Un cimetière comme lieu de rencontre, on a sans doute fait beaucoup mieux. Et pourtant, c'est bien au milieu des tombes que Désirée et Benny se côtoient. Elle, bibliothécaire, vient régulièrement sur la tombe de son défunt mari tenter de susciter un chagrin de circonstance. En fait elle lui en veut de l'avoir lâchée et de n'avoir pas fait assez attention sur son vélo si bien qu'il a été fauché par un camion. Lui, agriculteur solitaire dans une ferme reculée, agrémente fidèlement la stèle de ses parents de si nombreuses plantations qu'on dirait une pépinière. Tout les sépare, à commencer par les sépultures respectives à leurs modes de vie. Désirée trouve celle de son voisin d'un kitch tape-à-l'½il affligeant voire d'un goût vulgaire, tout comme lui d'ailleurs. De son côté, Benny ne peut pas « blairer » la voisine, la trouvant à l'image de la froideur de la tombe de son époux, décolorée comme une vieille photo couleur, tout à l'opposé des femmes qu'il aime. Puis, un concours de circonstance fait se croiser leurs sourires et comme un arc de lumière qui surgit entre eux, tout bascule. Ainsi commence une relation pleine d'embûches confrontant des styles de vie diamétralement opposés. Aucun des deux n'est prêt à lâcher un peu de lest concernant ses certitudes culturelles et sociales. Leurs joutes sont croustillantes de déterminisme, leurs conversations impossibles. Pourtant, ils ont bien du mal à se passer l'un de l'autre malgré l'incompatibilité de niveau de vie. C'est un livre jubilatoire sur la collision des cultures. Un roman à deux voix nous faisant pénétrer avec allégresse l'intimité des deux personnages qui doivent composer entre leurs pulsions et la raison. Le texte est une succession de métaphores hilarantes et finement amenées qui m'ont bien souvent fait pouffer de rire. Juste quelques rares propos de la part de Benny m'ont paru un peu trop érudits. L'auteure porte un regard vif et précis sur certaines barrières sociales et culturelles sur un ton badin empli néanmoins de beaucoup de tendresse. Ce livre a eu un succès extraordinaire en Suède : comme je le comprends ! Entre le rire, le côté fleur bleue et le choc culturel, j'ai vraiment craqué aussi.
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4.0 étoiles sur 5
Le rat des champs et le rat de bibliothèque, 12 octobre 2009
Katarina Mazetti (malgré son patronyme aussi peu nordique que celui de la chanteuse Sophie Zelmani) est une auteure suédoise qui est un peu au royaume de Gustaf ce qu'Anna Gavalda est à notre hexagone. Son premier roman est un succès planétaire et raconte ... l'histoire de la rencontre entre une femme et un homme. Elle, se recueille sur la tombe de son insipide mari disparu un peu trop tôt. Lui, Le mec de la tombe d'à côté, vient fleurir la tombe de ses parents. Elle, se trouve un peu trop jeune pour finir seule dans le veuvage parmi ses collègues bibliothécaires. Lui, exploite des vaches laitières et voudrait bien une paire de bras supplémentaire pour l'aider à la ferme. Tout, mais vraiment tout, sépare ce rat des champs et ce rat de bibliothèque qui ne sont absolument pas faits l'un pour l'autre. Ou alors, précisément, qui sont indiscutablement faits pour se compléter et couler des jours heureux. Lui, n'entend rien à la poésie ni aux théories de Lacan. Elle, est de celles qui croient qu'il y a moins de travail à la ferme l'hiver pendant l'hibernation des vaches. Lui, s'endort en ronflant pendant l'opéra. Elle, n'est pas fichue de réussir des boulettes de viande. Lorsqu'ils louent "un" film, ils prennent deux DVD : lui, Police Academy, elle, La leçon de piano, et ils dorment chacun leur tour sur le canapé pendant le film de l'autre. Le bouquin, imprégné d'une douce ironie pleine de tendresse pour ces deux personnages, alterne ainsi les chapitres avec "lui" et avec "elle", nous faisant vivre et revivre avec beaucoup d'humour les scènes sous un jour ou un autre. Le procédé est bien un peu facile et répétitif mais réussit à composer un petit bouquin sympa et léger, frais et enjoué, qui se lit avec plaisir. Moralité sans prétention de la part de Katarina Mazetti : ouvrez les yeux sur la vraie vie et vos proches ! Pour celles et ceux qui aiment les amours impossibles.
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