Ah, comment ne pas perdre la tête... en écoutant toutes ces merveilleuses rengaines qui fleurent si bon le temps jadis! Pas besoin d'être nostalgique pour les apprécier, il suffit d'aimer les belles mélodies qui font battre le coeur un peu plus vite, les jolis textes qui n'ont pas peur de faire rimer "amour" avec "toujours" et bien sûr la voix inimitable de cette chère Lucienne... Partie en 1962 -bien trop jeune, hélas!- elle reste un des plus beaux fleurons de la chanson populaire française... Moi, en tout cas, je ne peux pas l'entendre sans frémir... Refrain réaliste, ballade sentimentale ou valse musette, peu importe, tout ce qu'elle chante est empreint de la même intensité... Ah, ça devait être quelque chose de la voir sur scène... Elle était de la trempe des Fréhel, des Piaf... Chez elle, on sent que "ça" vient de l'intérieur, des entrailles, qu'elle y met toute son âme, toutes ses tripes, qu'elle vit chacune de ses paroles dans sa chair... Quel feu! Quel tempérament! Quel talent, tout simplement... "Si loin de toi", "Embrasse-moi", "Sur les quais du vieux Paris"... Que de moments de grâce... Et "Mon amant de Saint-Jean", vous arrivez à l'écouter sans avoir des frissons un peu partout, vous? Moi pas! Quand la chanson atteint à ce degré d'émotion, il ne reste plus qu'à s'incliner et à dire merci...