Le mendiant est un roman politique qui attaque de face les mesures politiques et économiques (entre autres, la nationalisation de certains biens) prises par les révolutionnaires sous le gouvernement Nasser en Egypte.
Un avocat célèbre tombe dans une apathie profonde. Plus rien ne l'intéresse dans la vie: ni sa famille, ni le sexe, ni la politique. Il se retire de la vie publique, parce que `Imaginez un instant que vous gagniez le procès et que vous rentriez en possession du terrain, mais que l'Etat le confisque aussitôt!'
Dans sa jeunesse il avait été membre d'un groupe révolutionnaire. Un des membres avait été incarcéré, mais n'avait pas trahi d'autres membres. `Les gens qui me tapaient dessus étaient des fils du peuple, ceux-la même pour lesquels je m'étais battu. La vie ne serait-elle que lâcheté et sottise? Ce serait stupide de s'acharner sur un passé malade.'
Ils croient tous que la révolution de Nasser a tout effacé, mais tous les révolutionnaires de tout poil ont la mémoire longue. Les anciens co-combattants, qui ont abattu le régime royaliste, se sont divisés en fractions ennemies.
Dans son style ironique caractéristique, Naguib Mahfouz peint sans vergogne une société paralysée, déçue par le nouveau régime dont l'élan des premiers mois après la victoire sur un royalisme corrompu, s'est tourné en règlements de comptes entre les vainqueurs.
A lire par tous les amateurs de littérature d'un niveau mondial.