Paradoxe ou destinée, François de Roubaix était un musicien hanté par le silence, celui des grands fonds. Plus encore que la musique il était passionné de plongée sous marine.
François avait appris la musique à l'instinct grâce aux techniques modernes d'enregistrement. Après avoir étudié les bases de l'harmonie, il prit très vite son destin en mains. Il jouait de tous les instruments et comme Mike Olfield, formait un orchestre à lui tout seul.
Ses compositions étaient joyeuses, amoureuses, emportées, passionnées ou parfois angoissées. Elles étaient la vie, sa vie... pleine de rires, de larmes, d'amis, d'amour ...
Au détour d'un générique d'émission télé ou pour accompagner un reportage animalier, il était partout où la musique aspirait à magnifier les images, où le son soulignait un certain regard. Son univers évoluait du Jazz au classique, en passant par le Tango, la Java ou la musique éléctronique, voire planante (comme on disait dans les 70's)...mais toujours en parfaite adéquation avec l'atmosphère des films créant, de fait une oeuvre double et à jamais indissociée.
Ici, nous retrouvons enfin la partition de 1974, refusée par le commandant Cousteau pour sa série "L'Antartique".
Mais dans son oeuvre, il y avait surtout ces musiques de films : "Les Aventuriers", "Le Samourai", "Jeff", "La Scoumoune", "Le Rapace", "Les Grandes Gueules", "Boulevard Du Rhum", "Adieux L'ami", "R.A.S", "Dernier Domicile Connu"...et tant d'autres, puis ... "Le Vieux Fusil" 1976, sa dernière composition, angoissante comme prémonitoire...
Et la mer, toujours présente ... et François qui voulait de plus en plus souvent percer son silence et ses mystères. Un jour, parce que trop amoureux d'elle, il n'a pu s'en détacher... alors, par amour... elle l'a gardé. Il n'avait que 36 ans.
je laisse enfin la parole à l'homme qui composait sa musique comme une quête de silence :
"Il y a des hommes du matin et des hommes du soir. Je suis de ceux-là. Depuis la première enfance, j'ai toujours eu des difficultés à accepter le sommeil, le soir.
Est-ce l'heure de la naissance, la conjoncture astrale ? Est-ce la peur de "l'obscurité", le manque de confiance ?
Ne pas vouloir confier son sommeil à l'obscurité ?
Je ne suis ni un vampire, ni un zombie, mais j'aime la nuit.
Aussi bien la nuit citadine,des interdits, des fêtes, pleines de néons et de lanternes rouges, que la nuit sauvage pleine des bruits de la vie et des mystères de la mort.
Ce goût décidé dès l'enfance je l'ai conservé, jusqu'à aujourd'hui, j'en ai même fait une déformation professionnelle : je suis compositeur et c'est un beau prétexte pour ne pas dormir la nuit.
Le calme, l'inspiration infiniment plus riche - la création créditée.
Si vous aimez la nuit et la mer, comme moi, alors, sur le champ, laissez tout ce que vous êtes en train de lire et allez-y. Partez."
François de Roubaix