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Commentaires client les plus utiles
11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Art-fiction?,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Monstre : L'intégrale (Comic)
« Vous êtes fou, Warhole !- Non, artiste. » (p. 118) Les lecteurs de la « trilogie Nikopol » compteront les analogies: Mêmes ambiance et style graphique (SF post-moderne blafarde), même base politico-historique mêlant fiction et réalité, mêmes obsessions existentielles (le dédoublement, le contrôle de l'individu par une volonté extérieure), même construction dramatique (premier volet sombre posant des bases concrètes, puis éclatement de la forme et du fond avant une résolution finale en forme de bras d'honneur ironique). Finalement, la différence principale concerne les thèmes : la guerre de Yougoslavie, la montée des intégrismes religieux - et de façon beaucoup plus inattendue, l'art, sous une pluie d'allusions et de citations (en vrac : Munch, Malraux, « Blade Runner », Picasso, « Alien », Baudelaire, Bacon, Godard, « le 5ème élément », etc... et Bilal lui-même). Bilal, le plus polyvalent des auteurs de BD, yougoslave profondément marqué le chaos tragique de son pays, engage ainsi une mise en abyme fascinante de son propre travail, une réflexion sur l'état de l'artiste et de son oeuvre, avec une démultiplication vertigineuse des symboles et des niveaux de lecture, parfois explicite, souvent codée. Un exemple ? « Warhole, ce nom te dit quelque chose ? » demande le héros p.35 à côté d'une affiche « Remember Pérec » - auteur de « la disparition », roman dépourvu de la lettre « e » - processus qui, appliqué au nom du principal Méchant (?), le transforme en celui du créateur du pop'art = Andy Warhol. Et les propos de Stockhausen sur les attentats du 11 septembre 2001 (la « plus grande oeuvre d'art qu'il ait jamais vue dans le cosmos ») résonnent étrangement avec la quête de cet extra-terrestre, à la recherche d'un « art du mal suprême », qu'il réalise en détruisant sa tour... Moins novateur (puisque postérieur) et plus déroutant que la trilogie Nikopol, « Monstre » se regarde donc comme de l'art moderne, exigeant de son lecteur un effort de décodage : ça marche... ou pas, on comprend... ou pas, on aime... ou pas. Mais cette oeuvre, dont peu d'auteurs seraient capables, est assurément de celles qui ont fait de la BD un art à part entière. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
5.0 étoiles sur 5
Bilal dans toute sa splendeur!,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Monstre : L'intégrale (Comic)
Pour commencer, l'objet est beau, on a même un peu peur de l'ouvrir à fond pour ne pas l'abimer... Pour le reste, chaque planche se dévoile comme une oeuvre d'art mélant écoeurement et fascination. Un must à posséder absolument! Seul regret la lourdeur de l'objet difficile de trouver une position confortable pour le lire, mais c'est bien peu de chose....
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