Phil Green (Gregory Peck), journaliste, est chargé d'une enquête sur l'antisémitisme aux États-Unis. Veuf depuis sept ans, il a un fils et vit avec sa mère. Il fait la connaissance de Kathy, nièce du directeur de son journal, divorcée. Ils se plaisent et décident de se marier. Pour son enquête, Phil décide de se faire passer pour juif durant six mois. Personne ne le connaît à New York, son nom est presque juif, il pourrait être juif. Cette expérience lui fait faire des découvertes inattendues : sa secrétaire, juive, a dû changer son nom pour être acceptée dans son travail. Son concierge s'oppose à ce qu'il écrive le nom de Greenberg sur sa boîte à lettres; son fils est en proie aux vexations et injures de ses camarades. Cela soulève des difficultés avec Kathy, de très bonne famille, mais vivant dans un milieu antisémite. A une réception en province, dans un milieu de haute bourgeoisie, Phil se rend compte de la réalité...
Ici, le sujet abordé (antisémitisme) détonne dans l'univers amidonné Hollywoodien, le scénario efficace même s'il est un peu poussif. Mais, Kazan appuie quand même le trait à force de caricature. Néanmoins, si le réalisateur est prompt à dénoncer les errances de ses compatriotes, il ne faut pas oublié son passé trouble.
C'est pourquoi, on est obligé de souligner les contradictions existantes entre les faits peu glorieux du sieur Kazan durant le maccarthysme et ses idéaux progressistes peu en rapport avec ses compromission avec l'organe du pouvoir. Ainsi, son oeuvre alternera entre ses prises de conscience de ses errances (L'arrangement, Le mur invisible...) et la revendication voire l'apologie de ses dérives (Sur les Quais, Les visiteurs...).
Mais outre ces faits, je trouve ce film un tantinet surestimé car la mise en scène demeure d'une platitude réelle et ne justifie pas les Oscars remportés. Néanmoins, il s'agit ici d'un avis personnel qui n'est en aucun cas parole d'évangile. Et puis, la performance du sobre Gregory Peck mérite l'attention.