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Commentaires client les plus utiles
7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Edgar Hilsenrath - Le Nazi et Le Barbier,
Par Alexis Bidault "Ex-Cowboy" (Tours, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 500 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Nazi et le Barbier (Broché)
La sortie du détonnant Fuck America marquait le début de la réédition par Attila des œuvres iconoclastes d'Edgar Hilsenrath. Ce fantastique 'Le Nazi et Le Barbier' lui fait suite.Longtemps l'Allemagne a boudé ce roman, jugeant inappropriée et incongrue la manière de l'auteur de traiter l'Holocauste. Il a ainsi été d'abord été publié aux Etats-Unis, bien qu'écrit en allemand. Hilsenrath n'y va il est vrai pas de main morte avec l'ironie grinçante, la distanciation et l'humour noir, se jouant des convenances et de la bienséance, réussissant le tour de force de nous faire rire (jaune, noir, vert, bleu) d'évènements tragiques. Jugez plutôt : le roman est essentiellement raconté à la première personne par le génocidaire Max Schulz, aryen pur souche, alias Itzig Finkelstein, coiffeur et barbier juif. Schulz, enfant battu et violé, puis adolescent bourreau de rats, devient en 1933 nazi par opportunisme. Exterminateur de juifs en camp de concentration, allant même jusqu'à tuer son ami d'enfance Itzig Finkelstein avec qui il a grandi et appris le métier de coiffeur, il profite après la guerre de son apparence similaire à celle des caricatures antisémites de juif (nez crochu, yeux de grenouille) pour prendre l'identité d'Itzig et, pris de passion pour l'histoire du peuple juif, migrer en Palestine alors encore sous mandat britannique. Devenu sioniste convaincu, il participe à l'édification de l'Etat d'Israël et s'installe comme coiffeur à Beth David... Sous ses airs trompeurs de farce, ce roman protéiforme à la langue extrêmement inventive laisse le soin à l'intelligence du lecteur de se poser les questions qu'il ne cesse de soulever, sans jamais avoir recours au moindre didactisme. Ce roman est dérangeant, parce qu'il faut finalement lutter pour ne pas éprouver une sympathie déplacée pour ce meurtrier de masse truculent qui nous narre avec brio son histoire, et expédie l'évocation de ses terrifiantes exactions en quelques lignes, comme s'il s'agissait d'une simple péripétie parmi d'autres. Mariant avec habileté les styles, bruissant d'une multitude de dialogues/monologues brillants et jubilatoires, poétique et méditatif à ses heures, passionnant de bout en bout, ce roman marquant est à n'en pas douter (Fuck America nous le disait déjà) l'œuvre d'un écrivain majeur, dont j'attends maintenant avec une impatience non dissimulée la parution de Nacht, pavé controversé (évidemment) sur la (sur)vie des juifs du ghetto pendant la seconde guerre mondiale. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
9 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Une bouffonnerie moyennement convaincante,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Nazi et le Barbier (Broché)
Les commentaires précédents sont élogieux mais je ne partage pas vraiment cet enthousiasme - tout en devant reconnaître les mérites et l'orginalité de ce roman de l'écrivain allemand Edgar Hilsenrath (né en 1926).Commençons par préciser ce que n'est pas "Le nazi et le barbier" : - Ce n'est pas un roman sur la Shoah : notre héros Max Schulz/Itzig Finkelstein est d'ailleurs relativement discret sur ses activités, d'abord dans les Einsatsgruppen puis, après son accident cardiaque, dans un camp d'extermination. On est donc loin de l'approche de Littel dans Les Bienveillantes. - Ce n'est pas davantage le portrait psychologique d'un génocidaire avec recherche des facteurs explicatifs dans son environnement, sa famille, ses gènes - même si la première partie du roman comporte quelques uns de ces aspects. Hilsenrath s'éloigne donc largement de la démarche d'un Merle avec La mort est mon métier. La majeure partie du roman se place en fait avant-guerre (la formation) et après-guerre (la transformation). Le "nazi et le barbier" est avant tout le portrait d'un enfant martyr, victime de violences et de mauvais traitements, et de la manière dont il s'est sorti d'affaire par le travestissement et le déguisement. Max va apprendre son métier, acquérir un vernis de culture et se polir en imitant son meilleur copain Itzig ; il se fera nazi pour être parmi les hommes forts de la nouvelle Allemagne ; il se fera juif pour échapper aux Américains et à la justice ; il se fera combattant de l'indépendance de l'Etat d'Israël pour se faire une place au soleil dans son nouveau pays. Max/Itzig est un caméléon, un Janus. Le style du roman est celui de la farce, de la bouffonerie. Il comporte donc quelques épisodes abjects mais traités sur le ton de la légereté ; il en comporte d'autres, plus réussis je trouve, où l'irréalité des situations touche imperceptiblement au fantastique (l'épisode de la forêt polonaise) ; il en compte enfin de moins convaincants (les 200 dernières pages, après la fuite du kibboutz). La vraie limite du roman tient... aux limites de l'écrivain Hilsenrath. Le style parlé, gouailleur et populot, qu'il a adopté, tombe fréquemment à plat et n'atteint jamais la verve et la folie d'un Céline ou d'un Bukowski. Surtout, Hilsenrath n'a pas épuisé les opportunités que lui fournissait cette histoire saisissante d'un nazi caché en Israël dans la peau d'un coiffeur de quartier : l'analyse reste pauvre et Max/Itzig dépourvu de profondeur et d'ambiguïté. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Impressionnant!,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Nazi et le Barbier (Broché)
J'ai lu ce livre d'une seule traite c'est un roman jubilatoire, cynique ,lucide et amoral dans sa forme mais il ne nous laisse jamais oublier le génocide et illustre parfaitement la "banalité du mal",toutes les questions sont posées et les réponses bien sûr impossibles.J'ai lu beaucoup de livres sur la Shoa,je n'ai jamais rien lu de pareil je suis étonnée par sa modernité sa liberté de ton et ce désespoir sous-jacent qu'on devine à chaque page.A lire absolument! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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