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Il distingue ainsi la shallow ecology (écologie réformiste) de la deep ecology (écologie profonde) qui prête à la nature une "intelligence" de l'équilibre, supérieure à l'intelligence humaine, lui conférant des droits : la nature, dont le projet serait d'assurer le triomphe du vivant, poursuivrait un but moral. Ainsi, la notion de "crimes contre l'environnement" a pu voir le jour et être reprise, par exemple, dans un rapport de la Commission de réforme des lois du Canada.
Régression sans précédent dans l'Histoire, cette écologie qui élève la nature au rang de sujet juridique porte atteinte, selon Ferry, à l'idéal humaniste hérité des Lumières. Plus généralement, la doctrine écologique ne saurait être considérée comme une idéologie de clivage qui remplacerait le communisme. Halte aux "Khmers verts" ! --Paul Klein --Ce texte fait référence à l'édition Broché .
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9 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile
1.0 étoiles sur 5
humanisme rétrograde,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Nouvel Ordre écologique - l'arbre, l'animal et l'homme (Poche)
L'argument central de ce livre a été qualifié par un auteur anglais (Simon Schama: "Landscape and Memory") de "syllogisme obscène". Ferry s'attache en effet à amalgamer pensée écologiste avec antihumanisme et nazisme: les écologistes défendent les animaux et un écocentrisme, les nazis aimaient aussi les animaux, donc les écologistes sont (potentiellement certes, mais quand même) des nazis. Le but politique de Ferry, trés clair, se dévoile à la fin. Il s'agit d'interdire toute écologie politique: "Politique, l'écologie ne sera pas démocratique; démocratique, il lui faudra renoncer aux mirages de la grande politique" (Ferry p 216). Pourquoi un refus si radical? Parce que toute écologie qui se veut projet politique est condamnée à la barbarie, tandis que "l'écologie démocratique", en choisissant d'être "humaniste", ne peut qu'être un thème complémentaire de programme d'un Parti politique décent (c'est-à-dire de centre droit, car il faut lire toute la haine que Ferry développe contre la gauche, le "gauchisme", dans ce livre).Il est vraiment dommage que ce genre de sophistes (comment appeler qui cache des intentions partisanes sous de belles argumentations?) domine encore la scène intellectuelle française: Ce livre idéologique a reçu plusieurs prix littéraires, il insulte intellectuellement Michel Serres (pourtant lui un vrai philosophe créatif qui restera dans la philosophie française), il a contribué à nous éloigner de tout le débat philosophique mondial sur l'écologie (le livre majeur du philosophe norvégien Arne Naess vient à peine d'être traduit en français vingt ans aprés sa parution: "Ecologie, Communauté et style de vie", Editions MF), il réduit l'humanisme à la distinction Nature-Culture de classe terminale (insultant aussi par là le kantisme dont se réclame Ferry, et qui développe pourtant un très profond effort de penser l'articulation de la liberté avec la finalité interne de la nature: voir la deuxième partie de la Critique de la Faculté de Juger). En bref, ce livre n'est à lire que comme exemple caricatural de la pensée dominante parisienne de droite. Pour ceux qui veulent réfléchir l'écologie philosophique, allez lire "Le Contrat Naturel" de Michel Serres, ou "Politiques de la nature" de Bruno Latour, et je vous mets au défi d'y trouver une seule ligne antihumaniste ou néonazi. Vous y verrez par contre un excellent approfondissement de cet humanisme dont on a besoin, décentré, élargi, généreux, complexe, tissant des liens avec notre nouvelle condition humaine planétaire, pour que Noé remonte enfin sur le bateau... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
9 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile
1.0 étoiles sur 5
Confus et approximatif,
Par Miroul (France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Nouvel Ordre écologique - l'arbre, l'animal et l'homme (Poche)
Cet essai contient des erreurs grossières qui discréditent totalement l'ensemble de l'analyse proposée.L'antispécisme est par exemple présenté comme un courant de l'écologie profonde (Deep ecology), alors que la simple lecture d'une définition (Wikipedia), ou mieux d'un ouvrage de référence en la matière (La libération animale) permet de comprendre que ces deux courants n'ont pas grand chose en commun. Autre exemple, pour nous alerter sur les dangers d'accorder des droits aux animaux, l'auteur évoque longuement Hitler et sa supposée sympathie envers les animaux. Or cette sympathie s'avère non seulement infondée (cf. ouvrage cité plus bas), mais ne démontre rien (doit-on ne plus utiliser les autoroutes parce qu'Hitler a participé à leurs développement ?). Si vous tenez malgré tout à vous procurer cet ouvrage, consultez aussi Luc Ferry ou le rétablissement de l'ordre qui, outre une critique sévère de cet essai, présente des informations essentielles pour une meilleure compréhension du sujet. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Bonne lecture d'introduction, tendancieuse mais instructive,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Nouvel Ordre écologique - l'arbre, l'animal et l'homme (Poche)
Un parcours honnête des différentes moutures de l'écologie. La discussion, essentiellement philosophique, est placée sous l'égide du néo-kantisme (faible - disent les mauvaises langue) de l'auteur. Peu importe qu'on adhère ou non: cette perspective donne une vraie cohérence et un fil rouge à l'argumentation, documentée et patiente (parfois un peu trop suggestive), et plus nuancée que veulent le faire croire des commentaires hâtifs et malhonnêtes comme celui de Miroul. Je réponds aux deux griefs portés à Ferry par Miroul, qui manifestement n'a lu que la 4e de couverture et le sommaire:- sur l'antispécisme: p. 66-86, Ferry expose et discute le mouvement de libération animale, avec la citation de textes tirés du maître-ouvrage de Singer contenant la définition singerienne du spécisme. - Ferry ne prétend aucunement tirer argument de l'écologie nazie pour condamner l'écologie dans son ensemble. Je cite p. 149: " Mais il faut aussi se méfier de la démagogie qui consiste à jouer sur la sainte horreur qu'inspire à bon droit le nazisme pour disqualifier a priori toute préoccupation écologique. La présence d'un authentique intérêt pour l'écologie au sein du mouvement national-socialiste n'est pas à mes yeux, en tant que telle, une objection pertinente dans un examen critique de l'écologie contemporaine. A ce compte, il faudrait dénoncer comme fasciste la construction d'autoroutes - dont on sait qu'elle fut l'une des priorités du régime hitlérien." C'est tout de même assez savoureux: Miroul attribue à Ferry un argument que celui-ci rejette comme absurde, en utilisant, comble de la charlatanerie, le même exemple que lui (les autoroutes). Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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