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Quand Nicolas Sirkis et ses acolytes, regroupés sous la bannière Indochine, déboulent de leur banlieue sur la scène parisienne du
Rose Bonbon au début des années 80, seuls les refrains stoniens de Téléphone ont droit de cité. Fer de lance de la new wave à la française dignement représentée également par Taxi Girl, Suicide Romeo ou Les Avions, Indochine en profite pour écraser à coups de synthés tous les clichés du rock, héritage sulfureux des épiques seventies. Emporté par le succès phénoménal du single "L'Aventurier", le groupe impose alors son imagerie BD, son univers adolescent et son look moderne. Caracolant au sommet de la notoriété, il décide d'embarquer vers la mythique Albion pour enregistrer un premier album intitulé
Le Péril jaune, vague hommage aux aventures de Blake et Mortimer. Indochine se spécialise dans les mélodies entêtantes et les compositions sautillantes tatouées d'un saxophone approximatif et d'une guitare empruntée aux Shadows.
Le Péril jaune, vaguement parfumé de fantasmes orientaux ("Kao Bang") deviendra plus qu'une promesse, un antidote à l'ennui.
--Sabrina Silamo
Critique
Indochine exploite son nom et, dans la lignée des aventures en chanson de Bob Morane évoquées dans
« L’Aventurier » donne à fond dans l’exotisme de semi-pacotille, dans un registre de bande dessinée ne se prenant aucunement au sérieux : entre l’anthologique
« Kao Bang » et son univers de film de kung-fu invraisemblable,
« Okinawa » et
« La Sécheresse du Mékong », c’est une succession de vignettes extrême-orientales kitsch et déjantées qui nous sont proposées sur fond de rock juvénile et musclé.
Un peu en-dessous du précédent opus, et ayant davantage souffert du passage des ans,
Le Péril Jaune n’en est pas moins un album assez délectable, aux sonorités aussi énergiques que bien balancées.
Nikita Malliarakis - Copyright 2012 Music Story