'inspecteur Albert Gouvion (Robert Dalban), franchit la ligne jaune par amour. Il consent, pour les beaux yeux de Nathalie Villard (Dany Carrel) à servir d'indic à une bande de truands dirigée conjointement par le frère de Nathalie et Marcel Lurat dit "Quinquin" (André Pousse). Après le hold-up des diamants Boucheron sur une route de Picardie, Quinquin s'improvise liquidateur en série en "dessoudant" ensuite tous ses complices dont Albert.
Seulement voilà. Albert ("Albert les Galoches, Albert le lion des Ardennes, Albert le bonheur des Dames, mon pote, l'Empereur des Cons") a, dans le commissaire divisionnaire Joss (Jean Gabin), un support de longue date. Celui-ci découvre le pot aux roses, laisse un aller un hold-up dont il informe, via Nathalie, Quinquin, assiste à la liquidation réciproque des deux bandes de voyous et abat Quinquin.
Si le film date un peu par un certain climat immédiatement pré 68 (pour moi qui avait quinze cette année-là, ça rappelle quelques souvenirs) et une forme de "modernisme" aujourd'hui désuet, ça tient toujours très bien par la densité du scénario, le rythme des scènes, la simplicité du découpage (1er hold-up, mise en place du piège, deuxième hold-up), et la musique ("Requiem pour un con" de Gainsbourg et cette lancinante thématique tenue aux percussions très présente dans le deuxième hold-up).
Il y a sutout les acteurs : des seconds rôles très efficaces-Louis Seignier, Jean Gaven, Frederic de Pasquale, Louis Arbessier, Dominique Zardi, Robert Dalban, Dany Carrel (le plus important de ces seconds rôles) et trônant , au milieu de cette kyrielle , André Pousse (dont la prestation est très réussie) et Jean Gabin, massif, vieilli et toujours aussi efficient.
Comment ne pas être excellent quand Audiard est aux manettes. Il y a une alchimie entre ces deux-là, comme il y a une alchimie entre Audiard et Blier. Les scènes se suivent ("C'était mon pote.."au Commissariat, " De mon temps, on vendait des surprises et des rouleaux de réglisse" dans la petite voiture bleue, "A partir d'une certaine somme, tout le monde écoute" au commissariat, "La Saint Barthélémy du mitan..." lors de la scène Seignier-Gabin, "Il y avait des endroits pour ça..."dans le taxi lors de la discussion avec Dany Carrel) et soutiennent le film comme des piliers porteurs.
" Le Pacha", un polar classique de bonne facture qui se voit et revoit régulièrement.