Nous sommes étonnés de constater que le philosophe Jacques Rancière s'attarde à des thèmes pas vraiment utiles pour la communauté concernée ou qui n'alimentent pas la situation actuelle de crise, de médiocratie, ou de politique culturelle autoritaire. « Le partage du sensible, esthétique et politique » est un exemple de sujet dont les personnes concernées ne le sont pas : surtout ceux agissants dans le domaine de l'art et de la politique. Soit c'est un texte hypocrite : chacun sait que la politique ne partage jamais et surtout pas avec l'art : les politiciens veulent le pouvoir sur les autres et les artistes le pouvoir sur leurs oeuvres : le contraire de la même chose où chacun est positionné en ennemie de l'autre : l'artiste redoute autant le politicien qui redoute l'artiste. Soit c'est un texte condescendant qui écrit pour ne rien dire (abusant de sa notoriété pour un parterre d'admirateurs /trices) et qui caresse l'approbation et la présence du philosophe dans la politique culturelle médiocratique. Recevoir sa subvention et son temps de présence « d'antenne » qui entretient sa gloriole intellectuelle. Mais dans les deux cas, le philosophe soutient la déchéance des arts provoqués par une politique autoritaire de l'Etat financier. Et nous en sommes profondément désolés, surtout après avoir lu son ouvrage « le Maître ignorant » (1987) où il développe que le savoir ne réside pas dans l'accumulation de celui-ci. Le partage du sensible ne peut se faire que de concert, sans marque de clan : sans ennemi. Où le politique et l'artiste deviennent des humains débarrassés de leurs personnages à fonction sociale : ce qui demeure impossible puisque leurs rôles sociaux disparaitraient et dans ce cas ne pourraient pas produire du sensible identifié même identifiable. Politique et arts restent incompatibles dans un système social de domination. Jacques Rancière serait-il devenu le philosophe contemporain de l'insignifiance ? Avec l'inconscience en plus de vouloir l'expliquer : expliquer la justification de la perte du sens par des textes illisibles dont se détache toute curiosité et l'intérêt du lecteur concerné. « La métamorphose des Muses » (sonic process 2002) va dans le même sens : une commande que personne ne lira jusqu'au bout et qui n'alimente rien, juste « le monopole de l'apparence » que dénonçait Guy Debord sur le spectacle social de la consommation. Constatons que les textes de et sur l'art sont infectés par l'insignifiance, sans doute pour une nouvelle expression : « l'art de l'insignifiance » qui envahit les marchés. Et dont le philosophe Jacques Rancière se fait malgré lui l'un des chefs de file ?
Mathius Shadow-Sky