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Après six ans de formation, dont une bonne partie au sein du groupe underground Rimeurs A Gages, le duo formé par Disiz La Peste (MC) et JM Dee (producteur) casse la baraque en cette année 2000. Propulsé par le premier single
J'pète les plombs, adaptation rapologique du film
Chute libre (avec Michael Douglas) devenu tube de l'été, voilà un premier album agréablement varié, aussi bien dans les thèmes abordés par Disiz (la délicate condition de métis, l'amour, le racisme, la foi, les médisants, l'hommage à ses racines africaines, la drague adolescente en banlieue, etc.) que dans les climats sonores proposés par JM Dee. Fraîcheur et diversité sont les mots d'ordre de ce frétillant
Le Poisson rouge.
--José Guerreiro
Critique
La pochette montre Disiz, un micro suspendu au-dessus d’un bocal. Au fond, un poisson rouge qui donne son titre à l’album. Dès
« Le Challenger », le rappeur remet le compteur à zéro, il sait que sa maison de disques attend qu’il vende beaucoup d’albums. Il porte un regard caustique sur les autres (
« MC Lagaf ») comme sur lui-même (
« Fuck Disiz »). Disiz ne joue pas seulement les Cyrano, mais s’interroge sur l’état de la société de l’époque.
Pas de discours démago, ni de fatalisme envers son public : « Tu vis toujours chez tes parents / Et pour les aider tu dors / Pourtant, c’est pas ta faute, c’est à cause de l’Etat ». No comment. A la production, on regrette face à la qualité de certains textes, de ne pas trouver plus d’instrus imparables. Pourtant, l’album ne manque pas de diversité, rap, reggae (
« J’irais cracher sur vos tombes » avec Taïro) et électro (
« Plus l’temps »). Disiz explore même la musique africaine dans
« Gnibi » en duo avec Thione Seck, un des plus grands chanteurs sénégalais. Un prélude à l’album
Itinéraire d’un Enfant Bronzé qui montre toute la singularité du rappeur.
Paula Haddad - Copyright 2012 Music Story