J'ai eu l'idée, ce soir, de ressortir les livres que j'avais acheté à mon aîné lorsqu'il a commencé à savoir lire, et que j'ai ensuite conseillé à son tour à mon cadet ; cette fois pour ma benjamine, mais en les lui racontant (même si elle pourra les relire bientôt seule et, je l'espère, avec plaisir).
Parmi ces livres, celui-ci : "Le poisson dans le bocal".
J'aime l'écriture simple de ce court roman, son style, la psychologie des personnages.
Anaïs, très jolie petite fille cajolée par sa grand-mère, arborée de jolis noms affectueux par son père, et aimée par sa mère, même si de manière moins manifeste, vit heureuse et sans complexe.
Pourtant, atteinte d'un strabisme divergent prononcé, elle va souffrir un jour du comportement stupide d'une nouvelle élève à l'école, lui adressant à répétition des remarques parfaitement blessantes et infamantes au sujet de sa disgrâce.
Discrète sur ces faits, qu'elle ne souhaite pas évoquer à ses parents, sa mère finira par percevoir son malaise lorsque la moquerie s'étendra à d'autres enfants influençables, dont... celle qu'elle pensait être, jusque-là, sa meilleure amie.
Forte du soutien de ses parents, l'opération est envisagée, laissant naître l'espoir d'une vie qui redevienne plus simple...
Je vous laisse découvrir l'issue.
Une histoire sensible et intéressante pour amener à réfléchir sur le sens de la psychologie de l'autre, le manque cruel de compassion de certains, les formes que peut prendre la stupidité, ainsi que sur les comportements de mimétisme. Et, à l'inverse, la place de l'espoir, de l'apprentissage de la différence, de l'amour que rien ne remplace.
Un bon petit livre, que j'affectionne.