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5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
S'enrichir de la mort d'autrui,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le rêve du village des Ding (Broché)
Des les premières pages, le ton est donné : le narrateur n'est autre que le petit-fils de douze ans, mort empoisonné par le village pour se venger du père responsable de leurs maux, le grand-père sermonne sans succès son fils, et les gens succombent à la mort la plus laide, laissant leur village en proie à la désolation. Il y aura bien quelques belles échappées, telle cette idée du grand-père de donner un concert, ou encore celle de rassembler tous les malades à l'école, et surtout telle cette belle histoire d'adultère entre deux jeunes malades, qui bravent les tabous sociaux pour vivre pleinement chaque jour qui leur reste à vivre et à s'aimer. Mais la triste réalité est bien là, dénoncée dans cette fiction censurée en Chine, celle de milliers de paysans contaminés par le sida pour avoir donné leur sang sur les incitations du gouvernement. Révoltante.
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1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Yan Lianke raconte Le Rêve du Village des Ding[ues],
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Rêve du Village des Ding (Poche)
Après avoir sévi dans "Servir le peuple" où il est question d'une reprise très peu orthodoxe du sens maoïste que porte cette devise, il revient avec un témoignage effarant sur des pratiques surréalistes dans la province du Henan dont nous avons pu voir les images insoutenables à la télévision.Les autorités locales parviennent à faire comprendre aux habitants de cette province que donner son sang était glorieux, en plus de toucher l'équivalent de cinq euros pour chaque acte. Pensons bien que l'appât du gain finit par déplacer d'importantes foules vers les dispensaires chargés d'assurer la collecte. Cela se passe au début des années 1990. Dès 1996, alors qu'apparaissent les premiers cas de sida, les autorités se rendent compte de leur grossièreté criminelle avant de constater leur impuissance face à l'ampleur de la situation. Elles essayent, tant bien que mal, d'étouffer les échos de ce drame en proposant aux victimes, au-delà du rachat de leur silence, des 'chèques-cadeaux' pour s'approvisionner en médicaments qui n'auront à peine que les vertus d'un antipyrétique ordinaire pour venir à bout des fièvres désormais de plus en plus fréquentes. Pourtant la reconnaissance officielle tardive suivie d'un effet financier minable d'environ 2 million d'euros pour prétendre enrayer l'épidémie ne parvient toujours pas à régler le problème. La frontière entre le réel et la fiction est très ténue. Cette jonglerie (utilitaire?) entre les deux univers force des interrogations sur le choix du mode, les recours stylistiques délicats sur un sujet aussi dramatique, bien que l'auteur se défende d'user de compromis intellectuels imposés en pareilles circonstances par les autorités chinoises. Quiang, le narrateur, meurt empoisonné par les villageois pour se venger de son père qui a largement profité de ce trafic innommable après avoir contribué à la mise en place de ce dispositif qui se révèle très juteux ; ayant bien compris les mécanismes de la structure de la collecte, il finit par en décliner une variante en créant une entreprise de pompes funèbres. Mais son désir ardent du bénéfice est tel qu'il veut voir plus grand en se projetant dans l'irréel, avec un business plan parallèle: une agence matrimoniale pour faire aboutir ce qui n'aura pas été possible du vivant des victimes. Le fils est certainement une victime expiatoire pour essayer désespérément de donner un sens à son engagement, gommant de ce fait sa participation effective, ce qui expliquerait également que le père veuille à tout prix recoller, par les mariages fantastiques, les morceaux d'êtres que l'irresponsabilité collective a atomisés. Il est dommage que la Chine continue d'exceller impunément dans le muselage compulsif des témoins de l'Histoire collective, au nom de la sacrosainte poursuite de l'illusion communiste. Lianke serait-il donc en passe de devenir le complice involontaire de l'obscurantisme effréné d'orgueilleux invétérés, au point de se résoudre à destiner la suite de ce constat aux cancrelats de ses tiroirs ? Certainement un instinct de survie que les malheureux n'ont pu avoir, leur sort ayant été scellé au creux des égoïsmes. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 3 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Du rêve à la réalité,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Rêve du Village des Ding (Poche)
L'auteur, ne pouvant pas écrire ce qui se passe réellement en Chine concernant le SIDA, traite le sujet sous forme de roman.La Chine a mis près de 20 ans à admettre que la pandémie touchait le pays. Très touchant et véridique. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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