Les manuscrits de Francken datés de 1783 et publiés par Guérillot en 1993 sont une étape historique essentielle de la mise sur pied du Rite Écossais Ancien et Accepté, Il sont retranscrits 3 ans après les rituels des travaux du Souverain Chapitre de l'Orient de Paris rédités par Pierre Mollier en 2002. Le manuscrit Francken est une copie des rituels de 1770 que Morin possédait. La juxtaposition des deux textes permet ainsi d'intéressantes comparaisons entre ces degrés, tous d'origine française, tant il est vrai que la Maçonnerie anglaise a connu et développé ses "side degrees", sans jamais vraiment pratiquer de degrés écossais.
Et pourquoi se prêter à de telles comparaisons, qui ne pourraient au fond intéresser qu'un spécialiste de cette discipline un peu abscon de l'histoire maçonnique et de ses rituels, ou un cercle restreint de membres de l'ordre, eux-même une très faible minorité de la population? C'est qu'au fil du temps, les rituels ont été si souvent altérés que l'on peine parfois à y retrouver au XXIe siècle leur sens original et ce qui faisait leur unité, leur esthétique, leur harmonie, leur sens caché et profond. Parfois aussi, ces degrés étaient simplement communiqués et, plus tardivement, on a "collé" une cérémonie complète qui peut manquer de substance. Restituer leur forme originelle peut les rendre plus attractifs, même si celà nécessite d'abandonner un peu de positivisme, mais aussi et ceci fut plus tardif comme modification éventuelle, de guénonisme.
Des puristes attachés au secret de la Maçonnerie ne verront pas d'un bon oeil une telle publication, ainsi que celles de Mollier et de Mainguy sur les mêmes sujets, mais au fond, il peut être aussi utile de dévoiler le contenu de la Franc-maçonnerie des Hauts grades que de le cacher, même si les partisans d'une conspiration judéo-maçonnique contre l'Ordre du Monde existent encore grâce aux Protocoles de Sion, document tsariste remis à l'ordre du jour par certains régimes autoritaires, pour ne mentionner que ce qui est le plus visible.