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Le Rivage des Syrtes Broché – 1 août 1989


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À la suite d'un chagrin d'amour, Aldo se fait affecter par le gouvernement de la principauté d'Orsenna dans une forteresse sur le front des Syrtes. Il est là pour observer l'ennemi de toujours, replié sur le rivage d'en face, le Farghestan. Aldo rêve de franchir la frontière, y parvient, aidé par une patricienne, Vanessa Aldobrandi dont la famille est liée au pays ennemi. Cette aide inattendue provoquera les hostilités...

Dans ce paysage de torpeur, fin d'un monde où des ennemis imaginaires se massacrent, le temps et le lieu de l'histoire restent délibérément incertains dans un récit à la première personne qui semble se situer après la chute d'Orsenna. Julien Gracq entraîne son lecteur dans un univers intemporel qui réinvente l'Histoire et donne lieu à une écriture qui s'impose avec majesté, s'enflamme au contact de l'imagination. Pour Le Rivage des Syrtes Julien Gracq obtint en 1951 le prix Goncourt, qu'il refusa. --Nathalie Jungerman



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Détails sur le produit

  • Broché: 321 pages
  • Editeur : José Corti Editions (1 août 1989)
  • Collection : Domaine Français
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2714303595
  • ISBN-13: 978-2714303592
  • Dimensions du produit: 18,9 x 14,3 x 2,1 cm
  • Moyenne des commentaires client : 4.4 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (29 commentaires client)
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29 internautes sur 31 ont trouvé ce commentaire utile  Par Gwen COMMENTATEUR N° 11ER COMMENTATEUR DU HALL D'HONNEUR le 6 juin 2011
Format: Broché
S'il est un homme de Lettres qui m'inspire le plus vif respect, c'est bien Julien Gracq! Non seulement celui-ci porta l'Art d'écrire à des hauteurs que bien peu atteignent, mais de surcroît il refusa toute sa vie les mille petites bassesses et autres compromissions qui sont hélas le lot d'un certain microcosme littéraire parisien. Il n'était pas, lui, de ces plumitifs qui courent les dîners en ville, courtisent les critiques en vue et rêvent mesquinement de décrocher tel ou tel prix plus ou moins prestigieux. Figurer sur les listes des meilleures ventes était le dernier de ses soucis et plaire au plus grand nombre le cadet de ses désirs. Non, Gracq était d'une autre trempe, il appartenait à un petit cercle très fermé, celui des Seigneurs de la Littérature qui trouvent dans la perfection de leur oeuvre et dans l'approbation de la Postérité leurs suprêmes récompenses.

On donnait volontiers de lui l'image d'un ermite austère, au verbe rare et à la silhouette rigide, peu préoccupé des problèmes de son temps auxquels il préférait la poésie de Novalis ou la musique de Wagner. Certes, Gracq était un homme discret, secret, peu enclin aux épanchements médiatiques, aux antipodes d'un Sartre, qu'il appréciait d'ailleurs modérément. Mais n'était-il pour autant qu'un pur esthète dédaigneusement retiré dans sa Tour d'ivoire, incurieux de son époque, uniquement soucieux de ciseler pour quelques "happy few" des romans exigeants à la prose diamantine? Je ne crois pas.
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14 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile  Par Christophe Labarde le 20 décembre 2012
Format: Broché
Les lecteurs restent juges. Mon jugement est fait. Je l'ai lu trois fois dans ma vie, de la première à la dernière page. La première fois, c'était un choc absolu et initiatique. J'avais une vingtaine d'années. La seconde fois, pensant que la magie n'opérerait plus, c'était l'occasion de vérifier que je m'étais trompé : elle opérait plus que jamais. J'avais 35 ans. Je l'ai relu il y a quelques semaines. Non seulement la magie est toujours là (peut-être plus vivace encore que la première et le deuxième fois !), mais ce texte que je pensais tellement "hors du temps" a gagné, à ma grande surprise, une connotation d'actualité sur la décomposition des mondes et la montée des périls... Aujourd'hui, j'ai 51 ans et c'est pour moi une évidence : "Le rivage des Syrtes" est pour moi le plus beau livre de tous les temps.
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13 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile  Par Cyril Chapelle le 13 mai 2011
Format: Broché
Le style de Gracq est ciselé, précis, Gracq est un géographe, il excelle dans la description d'un paysage et très vite nous errons dans les vieilles ruelles d'Orsenna, nous croyons voir le cratère du Tangri émerger de la brume. L'intrigue est formidable, grandiose, ambitieuse, il ne s'agit de rien de moins que du déclin d'une civilisation et des conditions de sa renaissance. Car nous savons depuis la première page qui tient entre ses mains le destin de tout un monde et ce n'est pas le moindre charme de ce roman que de conférer au lecteur la position d'un Dieu spectateur et omniscient. Incontournable et précieux !
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile  Par KI le 10 novembre 2012
Format: Broché
C’est un roman très particulier parce qu’il ne correspond à aucun genre. Malgré son aspect de récit à la première personne, il ne nous permet pas d’entrer dans l’intimité d’une conscience. Le personnage n’est qu’une caisse de résonance. Ce n’est pas non plus un roman historique, tout y est vague, sans chronologie. Le temps est immobile et on s’y englue. Les descriptions avec leurs périodes à effet (souvent une chute en forme de point d’orgue) sont répétitives. On a l’impression d’avoir toujours le même paysage avec d’infimes variations comme chez Monet sauf que nous sommes plutôt dans une vision romantique à la Friedrich et pas du tout dans le surréalisme (pas d’humour noir ni de réelle étrangeté, quant à « l’onirisme »c’est celui d’ un agrégé de géographie) ni dans le baroque (pas de métamorphose ni d’instabilité). En réalité, c’est un roman inhumain et qui nie l’humain. L’émotion y est une sorte de pétrification assez grandiloquente de sentiments très primaires. Rien à voir avec Dostoievski par exemple. Les personnages sonnent faux et sont de purs prétextes à des dialogues qui rappellent le style ampoulé du Symbolisme. De la première à la dernière page, on est dans la pose et la luxuriance et si on y ajoute l’inhumanité, on est aussi dans une forme de « nouveau roman » qui nie le personnage nie l’action nie les attentes du lecteur mais le résultat, c’est un authentique chef d’œuvre d’une beauté froide et fatigante, du sublime (visuel, pas moral) à l’état pur qui vous fait dire : « Mince alors, comme c’est beau ! » et vous donne envie de lire Tchekhov ou Proust, je veux dire, des écrivains qui acceptent leur condition d’hommes.
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