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Le Roi de La Havane Broché – 6 octobre 2004


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Descriptions du produit

Extrait

Ce coin de la terrasse était le plus dégueulasse de tout l'immeuble. Au début de la crise, en 1990, elle avait perdu son emploi de femme de ménage et elle avait fait comme tant d'autres : elle s'était pris quelques poulets, un cochon et des pigeons. Elle avait fabriqué des cages de bric et de broc, avec des planches pourries, des bidons, des chutes d'acier, des vieux bouts de fil de fer. Parfois, l'eau courante disparaissait pendant des jours. Alors, elle réveillait les garçons à l'aube, les houspillait, les malme­nait et les forçait à descendre les quatre étages pour remonter des seaux tirés d'un puits qui, chose incroyable, se trouvait juste au coin de la rue, simplement recouvert par une plaque d'égout.
Ils avaient neuf et dix ans, à l'époque. Reynaldo, le plus petit, était un enfant calme et silencieux ; Nelson, moins docile, se rebellait et protestait parfois à grands cris : «Me hurle pas dessus, con ! Qu'est-ce que tu as, encore ?»
Elle boitait de la jambe droite. Elle était un peu débile, aussi. Il lui manquait une ou deux cases, depuis toute petite ou peut-être de naissance. Sa mère à elle vivait avec eux. Elle devait avoir cent ans ou plus, allez savoir. Tout ce monde dans une chambre pourrie de trois mètres sur quatre et ce bout de terrasse à l'air libre. Il y avait des années que la vieille ne se lavait plus et elle était maigrissime d'avoir tant souffert de la faim. Une vie sans fin dans la misère permanente. Elle était devenue comme du carton. Jamais un mot. Une momie squelettique, muette et sale, qui ne bougeait presque pas, n'ouvrait pas la bouche, se contentait de regarder sa fille à moitié retardée et ses deux petits-enfants s'échanger des claques et des injures dans le vacarme que faisaient les poules et les chiens. «Ceux-là, ce sont des cinglés», disaient les voisins, et personne ne cherchait à intervenir dans ces disputes continuelles.
De temps à autre, elle allumait une cigarette, s'accou­dait à la balustrade du toit en observant la rue et en conjurant ses souvenirs d'Adalberto. Elle avait eu des douzaines d'hommes, dans sa jeunesse. Elle aimait les exciter, comme ça, quel que soit leur âge. Des fois, ils disaient : «Hé, fofolle, viens un peu me la sucer. Je te donne deux pesos si tu me la pignes !», et hop, allons-y, ouvre la bouche. Certains lui donnaient de l'argent. D'autres non. Ils lui lâchaient leur purée et puis : «Attends-moi ici, que je reviens de suite», et ils dispa­raissaient. Mais avec Adalberto, ça avait été différent. Les enfants étaient de lui, sauf qu'il n'avait jamais voulu vivre avec eux sur ce toit, le grand salaud, et quand il avait vu qu'elle était enceinte une deuxième fois il s'était perdu dans la nature. Désormais c'était une vioque, presque, une demeurée qui puait à cent mètres, boitait, crevait la faim... En faisant les comptes ainsi, elle arrivait à la même conclusion : «Qui c'est qui voudra de moi, merde ? Si j'ai envie de quelque chose, c'est de mourir, tiens !» Elle ruminait, se fâchait contre elle-même, jetait sa cigarette en bas et, par désespoir, se mettait à gueuler sur les petits : «Rey, Nelson ! Allez chercher de l'eau, foutus feignants ! De l'eau, j'ai diiiiiit !» --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.

Présentation de l'éditeur

Chantre du " réalisme sale ", l'auteur de Trilogie sale de La Havane et d'Animal tropical élargit ici sa saga de la ville phare des Caraïbes. Il y évoque le destin protéiforme de sa population la plus pauvre et marginale : mendiants, prostituées, travestis, vendeurs ambulants, ivrognes ; crève-la-faim... âmes, perdues à la lisière de la mort, faune terrible et apocalyptique. Dans la vieille ville, toute de décrépitude et d'idéaux disparus, un adolescent soupçonné de meurtre fait ses armes et apprend la vie. Plus rien ne lui importe, sinon la survie et la liberté. Ainsi deviendra-t-il " le roi de La Havane " tant son attirance, animale et fatale, pour la crasse, le sexe, est forte. Plus forte que lui. Une langue en feu d'artifice, un érotisme débarrassé de remords, un regard à la fois tendre et terriblement cynique sur le Cuba du castrisme crépusculaire : Pedro Juan Gutiérrez laisse parler " la voix des sans voix " dans ce roman dérangeant, probablement l'une des grandes " expériences " de la littérature latino-américaine contemporaine.


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Détails sur le produit

  • Broché: 260 pages
  • Editeur : Editions Albin Michel (6 octobre 2004)
  • Collection : Les Grandes Traductions
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 222615504X
  • ISBN-13: 978-2226155047
  • Dimensions du produit: 22,5 x 2,5 x 14,5 cm
  • Moyenne des commentaires client : 4.5 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (4 commentaires client)
  • Classement des meilleures ventes d'Amazon: 394.438 en Livres (Voir les 100 premiers en Livres)
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile  Par Hank sur 31 mars 2008
Format: Poche
Je suis fan de Pedro-Juan Gutierrez et je n'ai pas été déçu par ce roman. La fin m'a un peu dérouté, je ne vais évidemment pas la raconter, mais je ne m'attendais pas à une telle conclusion. Le roman reprend les grands thèmes des précédents : la pauvreté à Cuba, la débrouille pour survivre, des héros qui vivent au jour le jour, boivent (Rhum) et fumes (tabac ou autre...). Pour les lecteurs qui ne connaissent pas cet auteur, je conseillerai plutôt la lecture de "La trilogie sale de La Havane", qui est bien meilleure, avec des histoires plus fortes, plus rapides, plus dynamiques, ou les mêmes thèmes reviennent mais sous forme de nouvelles, le rythme est donc beaucoup plus soutenu et s'adaptent parfaitement aux histoires.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile  Par Victaureau TOP 500 COMMENTATEURS sur 25 mars 2010
Format: Broché Achat vérifié
Certes ce roman est trés "sexe" mais cela ne m'a pas empêché de lui mettre cinq étoiles parce que l'histoire se tient.
Ce jeune REY qui se dit "Roi de la Havane" est issu des milieux les plus pauvres, il y en a aussi à CUBA malgré Fidel CASTRO et son parti de la révolution socialiste, je pense que l'auteur cherche aussi, par son roman, à démythifier un régime qui n'a pas changé grand chose sous les tropiques à la condition de certains.
Mais ce que GUTIERREZ démontre, sans prendre le régime politique pour responsable, c'est qu'on est lourdement conditionné, sa vie durant, par le passif de son enfance.
Ne parlons pas d'adolescence, ce jeune homme n'en a point connu sinon quelques bribes avec son frère. Quand le terrible drame qui va sceller son destin éclate, REY se retrouve à la rue à vivre, de manière trés cochonne avec les prostituées ou prostitués, le ventre qui crie famine plus qu'à son tour, de petits boulots qu'il lâche aussitôt parce qu'il n'est pas trés vaillant (disons qu'il n'a pas été habitué au travail). On pourrait penser sa période de vaches maigres terminée losqu'il fait la connaissance de la veuve d'un général, un peu âgée pour lui mais trés éprise et surtout bien nantie. Mais non, elle ne satisfait pas ses besoins de jeune verrat bienheureux dans la crasse, la sueur à la misère. Et il y retourne...attiré par la fange comme par un aimant.
Moi, la fin m'a convenu, elle est cohérente et assez conforme à l'esprit du roman, on ne pouvait pas espérer de miracles.
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile  Par spanish lullaby VOIX VINE sur 19 mai 2005
Format: Broché Achat vérifié
Prose dure et sèche !
La survivance est toujours au premier plan .
Il m est difficile de réaliser que ce roman est basé sur une histoire vraie et je ne veux pas (ou ne peux pas) y voir une parabole de la révolution castriste qui aurait accouché d'une telle horreur ?
Alors que le premier roman de Gutierrez que j ai lu, m'avait laissé une impression plus gaie ( tout au plus de désordre), me voilà cette fois avec une peine dramatique, des frissons et presque du dégoût.
Mais le style est en parfaite adéquation : cru, violent, aiguisé.
Pedro Juan avait défrayé la chronique avec « Trilogie sale ... », cette fois il confirme en s'imposant comme une nouvelle grande voix caribeña.
Un tout petit bémol: la traduction ... Qu'aurait fait François Maspéro ou même Albert Bensoussan ?
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1 internautes sur 1 ont trouvé ce commentaire utile  Par Le Chiffre sur 3 septembre 2011
Format: Poche
Ce Roi de la Havane raconte la vie d'une petite frappe cubaine victime d'un pays qui vous enfonce, victime de son goût pour le sexe, de la beauté des femmes métisses et du vice des putes de la Havane.

On y retrouve la langue truculente de Gutierrez, les scènes sont décrites cash... cela sent la vie, la sueur et le sang. De l'authentique, un diamant brut qui brûle sous le soleil de Cuba.

A consommer sans modération avec un final grandiose très émouvant.
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