Dans un petit village, perdu dans l’immensité de la Chine médiévale, le jeune Wu Gang défie et tue tous les guerriers de passage. Tenant sa technique du défunt maître Fei, il endosse le rôle de protecteur du village contre toutes les menaces extérieures potentielles. Jusqu’au jour où un vieillard armé d’une épée brisée persuade le jeune homme de ne pas engager le combat. Wu Gang est ainsi chassé du village et se lance à la poursuite du vieil homme pour le vaincre.
Le Sabre et l’Épée est une bande dessinée inscrite très clairement dans le genre Wu Xia, ces romans et films dépeignant la chevalerie chinoise et le Jiang Hu (le « monde des forêts et des lacs »). Au programme donc : héroïsme, arts martiaux et bonds vertigineux. On retrouve sans trop de surprise une intrigue centrée sur des armes légendaires, dont l’histoire est racontée dans ce premier tome à intervalles réguliers. Peu d’indices sont donnés sur l’identité du vieillard ou sur le rôle de Wu Gang dans l’histoire. En fait le gros problème c’est qu’il ne se passe finalement pas grand-chose de passionnant au cours de cette cinquantaine de planches. Entretenir un mystère, pourquoi pas, mais ça n’impose en rien de brasser du vent comme c’est le cas ici. Un tome d’exposition a, on peut le comprendre, un peu moins d’intensité dramatique que les suivants ; mais ici la Yesha est véritablement une balle à blanc, ce qui vraiment inadmissible de la part du scénariste, surtout si le vide est comblé avec quelques combats sans intérêt. Le dessin est quant à lui efficace mais sans génie, tout comme le coloriage, varié et agréable, mais quelque peu monotone. On jugera donc la série sur les prochains tomes.