Lorsque, par une belle journée de 1928, à l'âge de 21 ans, un certain Leslie Charteris créa le personnage de Simon Templar, se doutait-il que ce Robin des Bois des temps modernes allait très vite conquérir des millions de lecteurs sur les cinq continents et se verrait successivement incarné par une ribambelle de comédiens parfois prestigieux? Ce fut pourtant ce qui arriva et ce triomphe planétaire, ma foi, ne fut que justice...
Ah, quel sympathique et réjouissant héros que ce fameux Saint, tout de même... Et comme j'ai toujours plaisir à le retrouver... Au cinéma, c'est sans doute le grand
George Sanders qui en offrit la meilleure interprétation, mais le plus populaire des Templar reste incontestablement Roger Moore qui l'incarna sept ans durant, de 1962 à 1969, sur les petits écrans britanniques, lui prêtant ses traits harmonieux, son lever de sourcil étudié, son flegme à l'épreuve des balles et sa nonchalance spirituelle.
Le Saint de Moore est-il fidèle à l'esprit des romans de Charteris? Question de subjectivité, bien sûr, mais globalement je trouve que oui... En tout cas, c'est un rôle qui allait à merveille à ce cher Roger et qu'il endossait visiblement comme une seconde peau... Gentleman-redresseur de torts, il excellait à combiner les deux versants de son chevaleresque personnage, décochant ses bons mots aussi promptement que ses coups de poing, comme il le fera plus tard dans le costume de Brett Sinclair, puis dans le smoking de James Bond...
Dès cette première saison, le ton est donné: mystère, désinvolture et séduction. Ajoutez-y la nostalgie de retrouver le look et l'atmosphère des "sixties" et le cocktail est irrésistible! Moi, en tout cas, je n'y résiste pas...