Ce film retraçe l'histoire d'un personnage hors du commun, Jeff Costello dit « le samouraï ». Ce dernier est un tueur à gages se distinguant par son professionnalisme, son perpétuel mutisme et par son incroyable charisme. Le film débute lors d'une des missions du « samouraï » ou ce dernier est arrêté comme un suspect potentiel du crime qu'il vient de commettre. Ces employeurs se mettent alors à craindre qu'il parle et tente de le supprimer. Cette œuvre de Melville diffère de ses précédents polars tant elle semble dépouillée, de dialogues ou d'une histoire complexe. Le réalisateur français mise sur le silence, et sur la simplicité ; de belles images valent mieux qu'un long discours. Et ça marche à merveille, on est choqué voir pétrifié par le silence ambiant qui vous prend à la gorge. On pénètre de plein pied dans la vie de Jeff Costello et comme dans les autres films de Melville, ce dernier fixe le décor et le délimite par des repères temporels que l'on ne quittera plus d'un bout à l'autre du film. Le but est que l'on s'habitue aux lieux que fréquente le personnage principal, on est conditionné pour immerger dans sa vie. Une vie parsemée de multiples détails qui peuvent sembler anodin mais qui renforcent cette idée d'immersion, les habitudes pour s'habiller, la communion entre le samouraï et son oiseau en cage...Alain Delon interprète ce personnage avec un brio et un charisme incroyable. C'est sans aucun doute l'un de ses plus grands rôles. Poirier est très bon lui aussi, dans le rôle du commissaire expérimenté. Melville réalise un chef d'œuvre, ça semble être une constance pour ce réalisateur de génie. « Il n'y a pas de plus grande solitude que celle du samouraï », peut on lire en préambule du film et après l'avoir visionné, on ressent toujours cette part d'isolement mêlé désormais à la tristesse de quitter un personnage et un univers si attachant. Bref c'est un film noir d'une profonde humanité et d'une rare intensité, un monument comme l'on n'en verra jamais plu.