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On a beau ne pas vivre, on prend quand même de l'âge
Et rien ne change à rien, ni l'été, ni les choses.
Il y a quelque chose de déprimé, déprimant, dans la poésie de Michel Houellebecq, quelque chose de radicalement attaché au mal-être (et au malaise), à une vague défaite intérieure, à la quête d'une improbable Cythère.
Le Sens du combat, recueil de poésies en vers et en prose (récompensé par le prix de Flore), composé en 1996 avant
Les Particules élémentaires, est une oeuvre douloureuse, celle d'un univers sceptique, aux "journées superflues", où règne un tenace "à quoi bon", la "montée de l'écoeurement", phénomène inévitable en "fin de soirée". Tout l'univers rageur, abîmé, coloré, souvent urbain de l'écrivain à la réputation sulfureuse que l'on sait, mais aussi poète insatiable de vers, de formes courtes, musicien, chanteur... Un poète qui se bat contre ses démons, farouche, s'efforçant de "décrocher vers le Bien", selon l'expression du
Sens du combat, dernier poème de l'oeuvre, qui donne son titre à un recueil visant juste.
--Céline Darner
Quatrième de couverture
" La conséquence logique de l'individualisme c'est le meurtre, et le malheur ; il est donc légitime de commencer par déblayer les sources d'optimisme creux. En revenant à une analyse plus philosophique des choses, on se rend compte que la situation est encore plus étrange qu'on le croyait. Nous avançons vers le désastre, guidés par une image fausse du monde ; c'est un cauchemar dont nous finirons par nous éveiller. Nous n'échapperons pas à une redéfinition des conditions de la connaissance, de la notion même de la réalité ; il faudrait dès maintenant en prendre conscience sur un plan affectif. Tant que nous demeurerons dans une vision mécaniste et individualiste du monde, nous mourrons. Cela fait cinq siècles que l'idée du moi occupe le terrain ; il est temps de bifurquer. "