Présentation de l'éditeur
Lorsqu'il commence à publier ses petits poèmes en prose dans des revues et des journaux, Baudelaire a beau les qualifier modestement de « bagatelles », il a pleinement conscience de ce qu'ils ont de singulier. Et nous le savons mieux désormais, ce qui s'inaugure de manière capitale dans ces textes qui visent à capter l'étrangeté du quotidien de son temps, ce n'est rien moins qu'une forme littéraire nouvelle. Rimbaud et Mallarmé vont s'en souvenir très vite - et bien d'autres après eux.
Bien que le poète y songeât depuis 1857, l'-année des Fleurs du Mal, Le Spleen de Paris ne parut que deux ans après sa mort, en 1869. Ses poèmes en prose constituaient pourtant à ses yeux le « pendant » de ses pièces en vers, et les deux livres, en effet, se font écho à maints égards. Mais, à la différence des Fleurs du Mal, ce n'est pas ici un recueil composé qui nous est offert : un espace de liberté, bien plutôt, où le ßâneur témoigne d'un nouveau regard venu à l'homme moderne pour lequel la réalité multiplie ses images..
Edition de Jean-Luc Steinmetz.
Quatrième de couverture
Monde étroit! Séjour de l'éternel ennui! Oh, fuir! Fuir avec le poète, toucher l'éternité, frôler les nuages, là-bas, les merveilleux nuages ou se plonger dans un bain de ténèbres... Échapper un instant à l'implacable vie.
Par quel artifice ? En s'enivrant « de vin, de poésie ou de vertu ». En oubliant le Temps et son «diabolique cortège de Souvenirs, de Regrets, de Spasmes, de Peurs, d'Angoisses, de Cauchemars, de Colères et de Névroses » Car chacun de nous, hélas, est fait pour comprendre et sentir l'immortelle Beauté.
