Voilà enfin un roman qui change de la tendance actuelle qu'ont les écrivains à contempler leur nombril. Cette histoire, qui paraît presque réelle tant elle est fluide, nous parle d'amour, de toutes les formes d'amour. Au final, il reste une oeuvre transcendée par la peinture du Caravage qui fait écho par ses effets de clair obscur, à toutes les subtilités de ces personnages que sont Diane magnifique de sensibilité, de justesse et de volonté, Peter, que la souffrance densifie au cours de l'intrigue, et Gabriel, dont on perçoit la fragilité de "colosse aux pieds d'argile". La structure du roman fonctionne comme notre mémoire, dans d'incessants allers-retours, à la précision mathématique et si originale. Le style est précis et ample. Bravo aux deux auteurs, dont on imagine la grande complicité pour conduire à une telle réussite.