Récits autobiographiques de Primo Levi autour de son métier: chimiste.
Pour chaque élément de la table (Fer, Carbone, Cadmium...) il nous raconte une histoire. Pas une histoire purement technique mais ce que lui remémore l'élément en question.
Des extrapolations qui montrent le lien entre la chimie et la vie de tout les jours et ensuite les répercutions de cette vie sur la chimie.
Je me souviens de ses commentaires sur le polyéthylène: un matériau quasi indestructible, avant le polyéthylène c'était beaucoup plus difficile de stocker des produits chimiques, la nature ne fait pas de choses indestructibles.
Maintenant quand je vais au bord de la rivière à Perpignan, je vois ce qu'il voulait dire. C'est cauchemardesque, j'y ai même trouvé un téléphone portable. Ce livre permet de réaliser l'action de la technologie et ses conséquences sur la nature.
Citation: "Je lui dis que je ne trouvais pas juste que le monde sache tout de la façon dont vivent le médecin, la prostituée, le marin, l'assassin, la comtesse, le Romain antique, le conspirateur et le Polynésien, et rien de de celle dont nous vivons, nous qui transmutons la matière, mais que, dans ce livre, je négligeais délibérément la grande chimie, la chimie triomphante des établissement colossaux et des chiffres d'affaires vertigineux, parce qu'elle est une œuvre collective donc anonyme. "
Après avoir relu le livre une deuxième fois parce que je pensais avoir loupé quelques passage je vois en fait qu'il faut le lire deux fois ou plus parce qu'il y a là des choses difficiles à comprendre sans recul.
Sa définition du fascisme dans le premier chapitre: <<croire en arrêtant de réfléchir>>. D'ailleurs ce livre me semble être celui où ses idées sont le plus abouties.
Des sujets très variés, c'était un plaisir. Ce doit l'être encore plus pour un chimiste.