Le Testament français, ce n’est pas seulement un bon livre écrit en français par un auteur Russe, c’est plus que ça. Je crois que c’est un roman où on lit l’unité douloureuse et touchante de la France et de la Russie dans une seule personne. Le destin de cette Française qui a donné toute sa vie à la Russie, cette Française qui aimait la Russie probablement plus que certains Russes ne la savent aimer.
Je suis aussi, comme Andrei Makine, Russe d’origine. Je suis née 22 ans après la mort de Staline et évidemment je n’avais pas connu l’empire soviétique qui ressemblait à « une grande zone » où régnaient les lois du camp spécial, où le peuple était paralysé par la peur, où gouvernait une idole absolue. Quand je lisais ce livre j’étais surtout frappée par la philosophie poétique très simple et profonde, qui a mon avis a donne la force a l’héroïne survivre les bouleversements de la Révolution de 1917, la guerre civile, la II Guerre Mondiale et l’empire du Père du peuple. Je me souviens particulièrement de ses réflexions sur la mort. La grand-mère a dit a son petit fils : « Tu te souviens, en automne, nous avons vu un vol d’oiseaux migrateurs ? - Oui, ils ont survolé le court et puis ils ont disparu. – C’est ça, mais ils continuent à voler, quelque part, dans les pays lointains, seulement, nous, avec notre vue trop faible, nous ne pouvons pas les voir. Il en est de même pour ceux qui meurent… » (Le Testament français, Andrei Makine, Mercure de France, p. 283) J’aimais la langue de l’auteur. Je prends un grands plaisir de lire les livres en français, mais ce livre je lisais en français et je sentais en russe. C’est inexplicable cette impression que j’au eu en lisant Le Testament français, cette unité des culture, des langues, ces files invisibles tout au long du roman. C’est très beau. Aujourd’hui je suis en train de lire Le crime d’Olga Arbélina, mais c’est une autre histoire.