Les écrivains éprouvent parfois des surprises en découvrant les films inspirés de leurs oeuvres... C'est sans nul doute ce qui est arrivé à Bernard Clavel lors de l'avant première du Tonnerre de Dieu...! En effet, son roman "Qui m'emporte" ne distillait pas la même noirceur que dans l'adaptation du réalisateur Denis de la Patellière et de son co-scénariste Pascal Jardin.
SYNOPSIS : Léandre Brassac (Gabin), riche vétérinaire à la retraite, habite avec sa femme Marie (Lilli Palmer), dans une splendide propriété qu'il a hérité de son père. A la fois misanthrope et alcoolique, il se consacre à sa passion, celle de ses chiens adorés et en délaisse son épouse qui n'a pu lui donner d'enfant. Un jour à Nantes, il fait la connaissance d'une jeune prostituée Simone (Michèle Mercier) qu'il décide d'accueillir chez lui afin de la tirer de l'emprise de son souteneur Marcel (Robert Hossein). Simone se plait dans ce grand chateau retiré à la campagne. Elle s'entend bien avec Marie et fait en sorte de rapprocher les époux...
"Le tonnerre de Dieu" est, en 1965, le troisième des six films que tournera Jean Gabin sous la direction de Denis de la Patellière. C'est l'occasion pour l'acteur de collaborer également avec deux jeunes vedettes en pleine ascension : Michèle Mercier et Robert Hossein.
La fortune dont jouit le personnage de Brassac s'avère une composante importante des relations qu'il entretient avec ses congénères. Mais plus encore que ce mélange de révolte braillarde et de morgue bourgeoise, ce qui étonne ici c'est le côté sombre du personnage, très éloigné des héros positifs qu'il a incarné tout au long de sa carrière... à l'exception du peintre égoïste et cynique de "La traversée de Paris". Gabin éprouvait donc une fois de plus le désir d'explorer des recoins moins reluisants de la nature humaine.
A cette époque, Gabin semble travaillé par la question de la paternité. L'année précédente, il tournait "L'âge ingrat", comédie dans laquelle il prenait ombrage du mariage de sa fille, ainsi que "Monsieur" où l'acteur prenait déjà sous son aile une prostituée jouée par Mireille Darc.
Avec Le tonnerre de Dieu, le producteur Maurice Jacquin compte bien profiter du triomphe d'Angélique, avec les mêmes Michèle et Robert... et cette fois ci, le triomphe est encore plus grand, dépassant le million d'entrée uniquement sur Paris...!
Gabin confirme donc encore sa suprématie au sein du cinéma français.